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 Les Conjurés

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Message#Sujet: Les Conjurés   Mar 2 Jan - 16:12

Morgane de Gorre & Lanvain l'Intrépide
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Tout comme il existait deux versions à chaque histoire, il existait aussi deux versions à chaque personne. Une version que l’on révélait au monde et l'autre que l’on gardait cachée au plus profond de soi... Une dualité gouvernée par l'équilibre de la lumière et de l'obscurité. Chacun avait la capacité d'accomplir le bien comme le mal mais ceux qui étaient capables de brouiller la ligne de division morale détenaient le vrai pouvoir.

Lanvain, quel homme atypique il faisait… Un Saxon, à la cour d’un noble Breton. Un Saxon, qui avait combattu avec et contre les siens, sans avoir plus de remords que ça. Un Saxon, qui avait fait vœu de se venger, sans jamais réaliser ses menaces… Et maintenant, il était là. Enveloppé par les ombres, englouti vivant par les ténèbres. Et ces ténèbres avaient un nom : Morgane. Il avait été mandé par la Fée, connue à travers le pays tout entier pour sa soif de vengeance. D’autres Saxons lui avaient parlé d’elle, et lui avait recommandé de s’allier à elle pour l’exercice de son châtiment. La vengeance, pour Lanvain, avait alors le visage d’une femme, comme elle aurait le corps d’un démon. Car il était dangereux pour le royaume d’Arthur de laisser un homme d’une telle naïveté comme d’une telle ardeur au combat entre de telles ténèbres qui ravageait le cœur de Morgane. Dangereux, oui de laisser une telle pureté dans un tel embrasement.

Lanvain n’était pas homme qui fasse attendre, surtout si c’était une belle femme – et riche, il fallait bien vivre – qui demandait ses services. Peut-être connaissait-elle le secret de son cœur, peut-être avait-elle entendue raconter la légende qui relatait l’adoption d’un enfant saxon par un chevalier breton. Ou peut-être, plus simplement, le peuple Sax l’avait contacté et l’avait assuré de son appui dans toutes actions qu’elle tenterait contre Arthur Pendragon. Car, c’était certain, il s’agissait de cela. Une femme mariée ne faisait pas venir un mercenaire des mieux entrainés du pays pour ses beaux yeux, sinon pour une quelconque vengeance qui nécessite quelque discrétion.

On le laissa un peu patienter, puis parut une dame d’une grande beauté. Lanvain s’inclina respectueusement devant son hôte.
«  Dame Morgane. En quoi puis-je vous aider ? »

© Lanvain


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Message#Sujet: Re: Les Conjurés   Mar 2 Jan - 17:17


Les conjurés
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i quelqu'un pouvait admettre et affirmer que tout être humain avait ses ennemis naturels, c'était bien Morgane, qui n'avait pas forcément attendu après les circonstances pour s'en faire un certain nombre. Les Saxons étaient de ces ennemis naturels que Morgane et les siens devaient considérer comme tels, au nom d'un passif violent qui ne devaient pas les inviter à les porter dans leur coeur. Morgane était loin de posséder une grande estime envers le peuple saxon... mais elle savait faire table rase du passé... quand ça l'arrangeait (dans le cas contraire elle avait la rancoeur tenace, et ce n'était certainement pas Arthur qui pourrait affirmer le contraire à ce sujet). En l'occurrence, dès lors qu'elle avait su que quelques Saxons résistaient encore et toujours à l'envahisseur, n'attendant que d'obtenir vengeance, elle avait su qu'il lui fallait s'allier à ces mercenaires.

Arthur était terriblement naïf, au-delà des mots, même, et c'était là son plus grand défaut aux yeux de Morgane... et cette naïveté manifeste l'empêchait de voir ce qu'il avait juste les yeux... Et ce n'était pas faute de l'avertir, pourtant (mais en même temps, c'était bien parce qu'elle savait que son demi-frère n'était pas capable de voir et d'admettre quoi que ce soit qu'elle se permettait d'être si honnête envers lui - comble du comble, elle était certainement la personne la plus sincère envers lui de tout son entourage), mais il n'entendait rien, il ne voyait rien... Et en attendant, le nombre d'alliés de Morgane allait augmentant. A ce rythme, il ne faudrait pas attendre bien longtemps avant que la couronne ne glisse de l'auguste tête du naïf souverain.  Encore que Morgane avait envie de faire un peu mariner les choses... notamment parce qu'elle comptait joindre Mordred à l'équation. Mordred qui devait prendre la place de son père.

En attendant, même si le jeu devait se calmer, les pions se devaient d'avancer, et Morgane comptait bien en intégrer de nouveaux à son petit échiquier personnel... Et elle pensait en avoir trouvé un de choix en la personne de Lanvain, dit l'intrépide, dont elle avait eu vent de la réputation grâce aux quelques Saxons qu'elle était venue trouver. Un candidat idéal, tout simplement, et qu'elle était impatiente de rencontrer. Elle lui avait donc donné rendez-vous, et l'homme se présenta parfaitement ponctuellement au rendez-vous, s'adressa à elle avec estime et déférence. Un homme charmant, manifestement, tout sauf désagréable à regarder, en tout cas. Ce qui n'était pas, il faut bien le dire, pour lui déplaire.

-Lanvain.
Je suis ravie de faire enfin votre connaissance, j'ai beaucoup entendu parler de vous. Elle marqua une légère pause. Si vous avez accepté notre entrevue, je suppose que vous avez déjà ne serait-ce qu'une idée de mes intentions.

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Message#Sujet: Re: Les Conjurés   Mar 2 Jan - 17:45

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« Alors je vois que vous avez rencontré nos amis communs... souffla-t-il de sa voix naturellement grave. Et s'ils ne connaissent qu'une infime partie de la vérité, ils vous auront suffisamment renseigné sur ma personne. Nous sommes nombreux à vouloir la même chose. »

Lanvain, qui était resté à une distance plus que raisonnable de Morgane, s’approcha de deux pas, afin de pouvoir parler plus bas. Car ils étaient à Camelot, la cité du Roi, pour comploter contre sa personne.

« Quand à vos intentions, je crois les deviner en effet. Vous voulez, comme tout bon Saxon, la chute des Pendragon. »

Comme tout bon Saxon, oui… Mais Lanvain était-il un bon Saxon ? Dans cette demi-obscurité, auprès de cette femme, oui, il voulait le croire. La balance de l’esprit penchait à nouveau en faveur de la vengeance, et il ne fallait pas la laisser rebasculer. Si Morgane montait sur un des plateaux, la balance ne bougerait sûrement plus.

Une petite voix dans sa tête, comme la voix de la bonne conscience, murmurait avec le ton d’un père adoptif renié « La vengeance, c’est mal ! » Oui, bien sûr, la vengeance, c’était mal, en effet, tout comme le mensonge. Mais ne disait-on pas aussi qu’il fallait guérir le mal par le mal ? Alors quand on te faisait du mal, il fallait s’asseoir au bord de la rivière et regarder passer le cadavre de l’ennemi… dont tu avais contribué à la noyade.

« Je n’ai pas besoin d’être convaincu de mon désir de détruire cette lignée, déclara Lanvain. Mais je suis curieux – et pour une bourse d’écus sonnants je n’en trahirai pas un mot – et j’aimerai que vous m’accordiez l’infime honneur de satisfaire ce vilain défaut : parlez-moi de cet Arthur… N’est-il pas votre frère ? En quoi a-t-il mérité votre courroux ? »

Si on nommait Lanvain « l'Intrépide », ce n'était pas seulement pour ses exploits guerriers, mais aussi parce qu'il avait la langue bien pendue et jouait les effrontés, si cela lui permettait de gagner sa vie. Un corps comme celui de Lanvain - il faisait bien six pieds de haut - s'entretenait à grand frais, surtout en nourriture !

© Lanvain


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Dernière édition par Lanvain l'Intrépide le Mer 3 Jan - 20:25, édité 1 fois
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Message#Sujet: Re: Les Conjurés   Mer 3 Jan - 20:21


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organe hocha simplement la tête quand son interlocuteur déduisit de son propos qu'il avait rencontré leurs "amis communs". C'était le cas, en effet. Et elle devait bien reconnaître être intriguée d'entendre que ces "amis" en question étaient loin de tout savoir de lui et pour la peine, elle avait bien envie de connaître ce qu'il restait de découvrir au sujet de son interlocuteur, mais chaque chose en son temps. Pour leur, elle se contentait de le laisser parler, et pour l'heure, il lui faisait une excellente première impression, elle aimait sa manière de s'exprimer et la manière dont il ne manquait pas de lui laissait entendre que, définitivement, leurs intérêts coïncidaient. Elle n'en avait pas réellement douté, mais elle en était d'autant plus convaincue à présent. Il résumait très bien la situation, effectivement. Elle voulait la chute des Pendragon... même si dans son cas, l'affaire était encore particulière. La chute des Pendragon n'était pas tant le but qu'elle cherchait à atteindre que la conséquence de ce but. Ce qu'elle voulait, c'est qu'Arthur subisse l'humiliation et la douleur, que tout ce qu'il chérissait se détournent de lui, qu'il souffre comme il l'avait également fait souffrir. Alors, bien sûr, qu'il perdrait sa couronne, au bout du compte, c'était dans la logique des choses, mais ses intentions étaient toutes personnelles. Ce n'était pas le pouvoir, qui l'intéressait, c'était la vengeance. Mais pouvait-elle vraiment en parler à son interlocuteur ?

Le jeune Lanvain, de toute évidence, n'avait absolument pas volé son surnom, et ce caractère intrépide ne lui déplaisait pas... Et sa curiosité ajoutait encore à l'intérêt qu'elle savait lui porter. Bien sûr, elle ne pouvait se permettre non plus de disperser des informations trop personnelles sur elle aux quatre vents (même si certains secrets n'en étaient que de polichinelle). Mais elle ne voyait pas forcément de problème à lui parler un peu. Si cela pouvait aiguiser sa confiance, ce n'était pas un mal. Et puis, en retour, peut-être obtiendrait-elle elle aussi des réponses aux questions qu'elle se posait, irrésistiblement, sur lui.

-Arthur n'est que mon demi-frère,
répondit-elle alors sans feindre hésiter à lui répondre. Pour l'heure, ce qu'elle lui disait n'avait rien de bien personnel. Il a tué ma mère. C'était aller vite en besogne que de l'affirmer, car après tout, Arthur n'avait pas demandé à naître... et c'était sa naissance qu'elle lui reprochait... pour commencer. Mais elle l'assumait. Il a tué mon fils. Ou pas, Mordred avait survécu, mais l'intention était là. Bien sûr, elle s'épargnait de préciser que son demi-frère était le père de cet enfant. Il a détruit ma famille bien plus qu'il n'en fait partie.

Et donc, elle considérait que ses raisons étaient amplement suffisantes.

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Message#Sujet: Re: Les Conjurés   Mer 3 Jan - 20:49

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Pour la première fois depuis son serment aux Saxons, Lanvain entendait un autre son de cloches sur Arthur Pendragon, l’héritier de l’assassin de son père. Ainsi, le roi n’était pas aussi parfait que tout le monde le pensait ! Il devait mentir effrontément pour maintenir le mythe aux yeux du peuple comme aux yeux des nobles, c’était certain. Peut-être que certains le savaient, mais ne disaient rien en échange de quelque avantage. C’était ainsi que les dictateurs s’emparait des trônes. Lanvain oublia totalement la légende d’Excalibur, l’épée tirée du roc. Comme toutes les légendes, elle était probablement fausse. Mais puisque Morgane se livrait à lui avec autant de conviction, elle devait dire la vérité, Lanvain la croyait sur parole, tout comme l’étrange étincelle dans ses yeux.
 
Etrange étincelle en effet, qui flamboyait d’un feu de colère, de chagrin ou de… vengeance ? Le Saxon aussi voulait se venger, pour un crime tout aussi semblable. Uther lui avait pris son père, comme Arthur avait pris la mère de la Fée. Et non content de cela, il avait même tué l’enfant, tandis que son père avait eu le bon goût de le garder en vie pour essayer de le transformer en bon petit breton. Oubliant tout ce qu’on lui avait appris sur le calme et la tempérance, le cœur de Lanvain s’alluma du grand feu de la haine. Oui, à cet instant, il haïssait Arthur, Uther, et toute leur maudite lignée.
 
« Madame, mon épée est vôtre, déclara le Saxon un genou à terre et l’épée au clair, et ce jusqu’à l’accomplissement de ma vengeance. Car à moi aussi on m’a pris ma famille légitime. Soyez donc doublement assurée de mon allégeance à votre cause. »
 
Il attendait un signe de sa nouvelle employeuse pour se relever. En attendant, il continua avec un ton sérieux mais volontaire :
 
« Si je puis, d’une quelconque manière, me rendre utile à l’instant même, je me ferais un plaisir de me plier à vos exigences. Demandez-moi ce que vous désirez, et je répondrais aussitôt favorablement à votre requête, quelle qu’elle soit. »

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Message#Sujet: Re: Les Conjurés   Jeu 4 Jan - 15:53


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organe n'eut pas à dire grand-chose pour convaincre son interlocuteur, et cela la conforta d'autant plus dans l'idée qu'elle avait très bien fait de parler des griefs qu'elle avait à l'encontre de son demi-frère sans forcément faire dans la dentelle. Certes, il y avait de très nombreux fait qu'elle avait omis - à dessein, bien sûr - de révéler à Lanvain, mais de toute évidence, elle avait très bien su sélectionner les informations qui pouvaient lui être nécessaires afin de s'assurer la confiance et, mieux encore, la loyauté du jeune homme. Certes, ce dernières ne sauraient se confirmer qu'avec le temps, mais elle se permettait en tous les cas d'être confiante. Il lui assurait que son épée était sienne, et c'était une affirmation qui lui convenait au possible. C'est sûr, ils s'étaient trouvé un point commun tel que cela ne pouvait que les rapprocher et amorcer une relation de véritable confiance. Ils avaient été séparés de leurs familles respectives à cause d'Arthur (enfin, Uther y était pour beaucoup, en réalité, mais c'était ainsi, le père devait payer les erreurs du fils).

-Je refuse rarement ce genre de proposition,
admit Morgane dans un fin sourire quand son interlocuteur lui affirma qu'il répondrait à la moindre requête qui lui viendrait à l'esprit dans l'instant pour la satisfaire. Elle avait bien envie de mettre la charrue avant les boeufs et de lui demander quelque chose, n'importe quoi, qui lui permettrait dans l'instant de tester sa loyauté. Mais les décisions précipitées étaient rarement les plus avisées. Mais il ne serait souhaitable ni pour vous ni pour moi d'aller trop vite en besogne. Elle marqua une légère pause. Je veillerai à ne pas vous faire attendre trop longtemps malgré tout, soyez-en assuré. Parce que elle-même n'avait pas la moindre envie d'attendre, bien évidemment. Elle n'avait déjà que trop attendu. Mais elle voulait que sa vengeance soit parfaite, et à ce titre, il fallait qu'elle sache faire preuve du minimum de patience requis. Je n'aurais qu'une requête à vous formuler pour le moment : parlez-moi de vous.

Elle voulait en savoir le plus possible sur son interlocuteur, en savoir plus que les seuls on-dit de leurs "amis communs". Et qui saurait mieux la renseigner, à ce titre, que le principal intéressé dans l'affaire ?

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Message#Sujet: Re: Les Conjurés   Jeu 4 Jan - 19:12

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« Vous avez raison, bien sûr, déclara Lanvain en rangeant son épée au fourreau et en se redressant. Les batailles se perdent dans la précipitation, les combats se gagnent dans la patience. »
 
Le mercenaire fut surpris par le premier ordre de sa nouvelle alliée. Jamais il n’aurait pensé que la vie d’un pauvre petit guerrier saxon aurait pu intéresser une dame de sa qualité.
 
« Combien recevrais-je pour ce premier exploit ? » plaisanta-t-il avant de proposer un siège à son interlocutrice. Lanvain savait que son récit risquait d’être long. « Vous savez, je ne suis pas exceptionnel, je ne suis un flocon de neige merveilleux et unique, je suis fait de la même substance organique pourrissante que tous les autres. Ma vie n’a vraiment rien de palpitant. Ainsi, j’espère que mon récit ne vous ennuiera pas. »
 
Pour la première fois depuis longtemps, Lanvain avait envie de se confier. Peut-être y était-il incité en partie parce qu’il se croyait tout à fait semblable de Dame Morgane, qui semblait partager de nombreux points communs avec lui. Il lui servirait l’histoire habituelle de ses aventures, qu’il servait à tous, en ajoutant les détails qu’il omettait toujours.
 
« Commençons par le début, si vous le voulez bien… Je suis né saxon dans une famille saxonne. Ma mère mourut en me donnant la vie, ainsi je n’eus que mon père de toute mon enfance pour m’apprendre à grandir. Je n’avais que deux ans lorsque les bretons attaquèrent le petit fort dans lequel nous vivions, notre famille et les hommes de mon père. Fort que mon père avait gagné loyalement. Ceux qui survécurent à cette attaque restèrent fidèles à mon père, et il dressa un groupe de mercenaires saxons qui luttaient soudés avec les autres chefs de clan. Ce groupe de mercenaire était destiné à renverser Uther Pendragon, en échange de terres et d’argent. Une vie nomade, cela ne convenait point à l’éducation d’un enfant. Mais je grandis ainsi, et ainsi j’appris le maniement des armes. Du moins jusqu’à mes huit ans. Nous cheminions vers le nord-est de l’île pour rejoindre une des tribus alliées de saxons, lorsque nos hommes et ceux d’autres seigneurs furent pris en chasse par les armées d’Uther. Nous fuîmes durant trois jours et trois nuits, sans un instant de repos. Avec nous, des femmes, des enfants. Au bout de cette durée, épuisés, nous finîmes par faire une halte. Les hommes et les femmes sachant se battre prirent les armes. Les armées bretonnes nous attaquèrent de nuit. Nul de nous n’était prêt, nous pensions qu’Uther attendrait le matin en homme d’honneur. Les combats eurent lieu toute la vie. Les enfants, les anciens et quelques femmes, restés dans les tentes, tremblaient de peur. J’étais si jeune, j’étais avec eux. Nous entendions les clameurs guerrières gronder comme le tonnerre, les cris de ceux qui mourraient, et nous n’y pouvions rien. Un à un, les chefs de guerre saxons furent tués. A l’aube, un cri retentit : « Il est mort ! ». Le dernier chef était tombé, les flancs percés de toutes parts, et la gorge tranchée. Mon père. Ce jour-là, je devins orphelin. »
 
Il marqua une pause, pensif. Il se souvenait de tous les détails de cette nuit d’horreur. Il aurait même été capable de citer la couleur de la tunique qu’il portait, et de décrire les derniers traits de son père figés par la mort.
 
« Je suis désolé, ce n’est point une histoire qui convient à une belle dame comme vous. La suite est un peu plus heureuse. Un des chevaliers d’Uther eut pitié de moi et me prit sous son aile. Il m’inculqua tout ce qu’un bon Breton doit savoir. Par honte, sûrement, comme pour me donner une chance d’être en vie sans être mis à mort par Uther, il changea mon nom pour Lanvain. Et ceci jusqu’à mes dix-huit ans, où, fatigué de jouer à ce que je n’étais pas, j’abandonnais l’héritage et la noblesse qu’il m’avait accordé, en jurant enfin de venger mon père. Bien sûr, Uther était mort depuis longtemps. Mais quelqu’un devait payer pour lui. Pour parvenir à vivre, je fis comme mon père : je devins mercenaire. Je me battis – témoin mes cicatrices. Souvent dans le Nord, quelques fois au Sud, d’autres fois en Irlande. Là où on demandait mes services, j’accourais. Jusqu’à aujourd’hui. »

Lanvain avait raconté beaucoup de choses, mais il n'avait pas tout dit. Par exemple, il avait passé sous silence ses années heureuses chez ce chevalier vétéran, ses années de services contre les Saxons, ou encore son nom originel. 

« Oh, Dame Morgane ! Comme j'ai du vous ennuyer avec ces histoires de vieilles femmes ! » s'exclama Lanvain en se relevant, comme pour chasser les mauvais souvenirs qui avait resurgis avec le récit.


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Message#Sujet: Re: Les Conjurés   Ven 5 Jan - 10:49


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anvain, visiblement, savait faire preuve de la patience exigée et nécessaire pour une vengeance telle que celle qu'ils cherchaient tous deux à assouvir, et ce n'était bien évidemment pas pour lui déplaire. Sa réponse était à l'image de sa propre philosophie, la preuve donc qu'ils sauraient parfaitement s'entendre tous les deux. Tant mieux, elle préférait s'entendre avec ses "collaborateurs", à choisir. Et le fait est que ce n'était pas toujours le cas. Non content de se plier à son opinion, Lanvain daigna lui en apprendre plus sur lui, et le moins que l'on puisse dire, c'est qu'il fut bavard. Elle qui voulait en apprendre plus sur le jeune homme, elle était servie. Et elle n'allait certainement pas s'en plaindre. Plus elle en savait, mieux c'était. Elle était convaincue que, non, le récit que Lanvain avait à lui conter ne l'ennuierait pas... elle en doutait fortement, en tout cas, et elle savait trouver la moindre information précieuse quand elle songeait que, d'une manière ou d'une autre, il pourrait lui être possible d'exploiter (et pour exploiter la moindre information qu'elle pouvait récolter, elle n'était pas la dernière, bien au contraire).

Lanvain lui contenta donc son histoire, et bien qu'il pouvait lui mentir, elle n'en avait pas le sentiment, et elle buvait ses paroles sans en omettre la moindre gorgée. L'histoire du jeune homme lui rappelait irrésistiblement la sienne. Même si elle blâmait Arthur à plus d'un titre, c'était bel et bien Uther Pendragon qui avait détruit sa famille. Oui, le jeune homme était né Saxon, et cela devait normalement faire de lui un ennemi naturel, mais ses origines importaient peu à l'heure actuelle. Ils étaient égaux face à leurs maux passés. Décidément, ce jeune homme lui plaisait de plus en plus.

-Il est délicat de votre part,
répliqua Morgane dans un fin sourire, de prétendre que je n'en suis pas une. Sous-entendu, une vieille femme. Bon, elle n'était pas sénile et croulante non plus (d'autant moins que son apparence ne reflétait pas complètement son âge, elle qui avait usé de la magie, après la disparition de Mordred, pour conserver toujours son apparence d'alors). Mais vous n'avez pas à vous excuser. J'ai trouvé votre histoire absolument passionnante. Vous et moi, nous nous ressemblons bien plus que ce que j'aurais pu soupçonner.

Et voilà qui lui plaisait grandement. Ce n'était pas si courant de rencontrer quelqu'un si susceptible de la comprendre.

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Message#Sujet: Re: Les Conjurés   Ven 5 Jan - 11:24

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Lanvain n’aurait jamais pensé voir autant de passion dans les yeux de Dame Morgane à propos de son récit. La plupart des femmes de cour aurait frissonné d’horreur, aurait versé une larme discrète, ou, plus brutale, lui aurait demandé d’arrêter ce supplice d’un tel récit. Et notre mercenaire ne savait pas trop quoi pensé de cette passion. Était-ce un signe de courage ou de froideur ? Lanvain rejeta la seconde hypothèse, car Morgane ne paraissait pas être un être au cœur de glace, qui ne se souciait point du malheur des autres. Non, au contraire, elle semblait brûler constamment d’un grand feu que l’on ne peut étouffer.

Le Saxon inclina la tête avec un sourire quand Morgane lui fit remarquer sa délicatesse. C’était d’autant plus drôle pour que, même s’il n’était pas une brute et qu’il connaissait les règles de la courtoisie, il faisait rarement dans la dentelle. 

« Je vous en remercie, Madame. Il est bien des dames à qui il ne plait pas. »

Et pour ce qui était de leur ressemblance, Lanvain en était aussi convaincu qu’elle paraissait l’être. Deux vivants dont la seule famille avait rejoint le rang des morts. Deux êtres brisés qui le cachaient si bien qu’on pouvait croire qu’il avait oublié. Deux âmes obnubilées par une vengeance inassouvie. 

« Je suis réellement heureux de trouver quelqu’un qui semble bien comprendre mes motivations, et pourquoi j’ai besoin de me venger. Ce n’est pas une histoire d’ethnie, comme les Saxons le croient ; je ne veux pas la fin du règne des Bretons. Après tout, c’est aussi mon peuple. Non, je veux la fin des tyrans. »

Lanvain n’avait pas encore fini son jugement d’Arthur, mais les derniers éléments que Morgane lui avait donnés à propos de lui l’avaient presque totalement convaincu qu’Arthur était un cruel tyran au même titre que son père. Cependant, quelque chose le retenait encore de scellé à jamais sa sentence. Il était prêt à combattre Arthur, ce n’était pas le problème. Mais s’il le faisait, ne serait-il pas comme lui, aussi cruel ?

« Je connais bien d’autres histoires, que j’ai vécu ou entendu dans mes nombreux voyages. Si d’aventure un soir vous vous ennuyiez, n’engagez point de ménestrel, pensez plutôt à moi. Je coûte peut-être moins cher que ces derniers ! »


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Message#Sujet: Re: Les Conjurés   Sam 6 Jan - 11:17


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lus Lanvain s'exprimait, plus leur ressemblance se faisait jour. Le jeune homme pouvait très bien s'être renseigné sur le passé de Morgane pour en déduire le discours adéquat à lui proposer, mais elle n'y croyait guère, ne serait-ce que parce que les bribes les plus importantes de son histoire n'étaient connus que de ses protagonistes, donc à part elle, il n'y avait qu'Arthur et à présent Mordred. Mordred se tairait parce qu'il caressait la même soif de vengeance qu'elle. Et Arthur se tairait parce qu'il avait honte... et il avait toutes les raisons du monde d'en éprouver, au passage. Non, son discours était honnête, et il lui plaisait d'autant plus, d'autant qu'elle s'y reconnaissait, évidemment. S'allier aux Saxons encore présents sur leurs terres dans l'espoir d'avoir un minimum de contrôle sur leur vendetta à venir, ça lui avait semblé être l'évidence pure, mais en fin de compte, ces affaires d'ethnies, de clan et de guerres manquaient singulièrement de sel à ses yeux. Ces hommes qui se battaient sans finir par savoir pourquoi, par habitude bien souvent car à force de combats à répétition, on ne serait même plus capable de déterminer qui avait démarré les hostilités, ils ne l'intéressaient guère à un titre plus spécifique. C'est parce que l'histoire de Lanvain était personnelle que Morgane savait y trouver un vif écho à la sienne. Il s'attaquait à l'homme, au tyran, et ce terme, utilisé pour évoquer l'actuel détenteur de la couronne, lui était plus que délicieux à l'oreille.

Un sourire décora ses lèvres en entendant son interlocuteur lui assurer que des histoires telles que celle-ci, il en avait bien d'autres en réserve. Elle n'en doutait pas vraiment. Avec un parcours de vie tel que le sien, l'on pouvait même dire que c'était pour le moins inévitable. Il se proposa de lui en raconter d'aventure, de devenir son ménéstrel d'occasion, et à nouveau, la pensée n'était pas déplaisante. Outre le fait qu'elle appréciait l'esprit de son interlocuteur, sa compagnie n'était pas déplaisante à l'oeil non plus, critère qui n'avait absolument rien de négligeable, au passage.

-Je n'ai guère voulu vous rencontrer pour juger de vos talents de conteur
, répondit-elle, mais je reconnais les apprécier. Votre proposition est tentante, j'y songerai à l'avenir. Elle marqua une légère pause. Concernant notre collaboration future, je pense que nous devrions,vous comme moi, établir des conditions et des garanties. S'il est une chose que je déteste plus que tout au monde, c'est la trahison.

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Message#Sujet: Re: Les Conjurés   Sam 6 Jan - 13:24

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« Je le sais bien, Dame Morgane, lança doucement Lanvain avec un sourire, mais il me semblait que ces occasions pourraient nous être utiles à l’avenir pour deux raisons : la première est que vous semblez apprécier mes histoires et que moi j’apprécie la bonne chair ; la seconde est que cela pourrait être occasion ne nous revoir sans éveiller de soupçons. »

Car un mercenaire, passé maître dans l’art des armes, se rendant chez une belle dame de la cour de Camelot, cela pouvait être en tout point suspecté. Mais si ce dernier s’y rendait en tant que conteur de chevaleresques aventures, cela l’était moins, puisque nul ne doutait de la qualité des aventures de ce Saxon converti.

« Quand à nos conditions et nos garanties, bien que je les pense inutiles en vertu de l’honneur, j’en poserai certaines. » Il baissa le ton pour continuer : « Si Arthur venait à avoir un fâcheux accident, ce serait Guenièvre, sa femme, qui deviendrait régente du royaume, à moins qu’il n’est quelque part un fils caché dont il faudrait prouver la légitimité de régner. Si vous parvenez à vous installer sur le trône ou à y installer quelqu’un qui vous écoute, souvenez-vous de moi et accordez-moi quelques terres pour les Saxons ainsi qu’une place à la Table Ronde. Je devrais être en mesure de pouvoir faire passer la mort du roi pour accidentelle, mais si ce n’était pas le cas, une fois le pouvoir entre vos mains, je veux l’amnistie pour mes fautes et alors je disparaitrais pour toujours sans demander d’autres faveurs. La seule garantie que je prendrais, quoi que je ne doute pas de votre loyauté, sera l’ordre d’amnistie signé et à mon nom. »

Lanvain savait qu’il était assez exigent dans ses conditions, mais il ne s’agissait pas de faire une erreur. Il voulait également protéger la réputation de son père adoptif, car le vieil homme ne méritait pas tant de tourments à cause de lui. Même si les gens qui connaissaient son nom étaient bien rares, notre jeune ami ne désirait prendre aucun risque.


« Quand à vos conditions et vos garanties, elles seront les miennes. »


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Message#Sujet: Re: Les Conjurés   Lun 8 Jan - 1:12


Les conjurés
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anvain avait décidément de la suite dans les idées, et ce n’était clairement pas pour déplaire à Morgane, qui adressait un regard très attentif à ses initiatives, et considérait qu’elles ne manquaient clairement pas d’intérêt. Outre le fait qu’elle n’aurait vraiment pas à forcer sa nature pour apprécier entendre l’une ou l’autre de ces histoires que le jeune homme se plairait à lui conter, il est vrai que cela leur fournirait le prétexte idéal pour les rencontres qui devaient les attendre. Car des rencontres de la sorte, il y en aurait de nombreuses autres, c’était nécessaire s’ils voulaient au mieux planifier leur vengeance sans se laisser dépasser par quelque aléa extérieur, le temps, ou même d’autres ennemis de la Couronne (et Morgane était bien placée pour savoir qu’ils étaient nombreux. Elle se plaisait d’ailleurs bien souvent à le répéter à Arthur… qui toujours refusait d’entendre… pour son plus grand plaisir à elle. Impossible de lui faire entendre raison, manifestement.

En attendant, il semblait indispensable de discuter conditions et garanties. Il fallait au moins cela pour s’assurer de la bonne marche de leur collaboration. Morgane avait envie de faire confiance à Lanvain, mais il était encore bien trop tôt pour qu’elle le fasse les yeux fermés, et en attendant, elle préférait s’assurait n’avoir aucun regret concernant ce qui lui apparaissait devoir être pour l’heure une collaboration pour le moins prometteuse. Ses conditions concernaient donc l’après-Arthur. Morgane aimait cette manière de penser, d’évoquer la chute du roi non comme une possibilité mais comme une quasi-certitude, c’était de la même manière qu’elle voyait les choses de son côté, et elle aimait encore davantage que Lanvain suppose qu’elle placerait sur le trône quelqu’un de confiance. Non, elle ne comptait pas prendre la place de son frère, mais Mordred aurait toute la légitimité du monde à succéder à son père. Et à ce moment-là, il saurait récompenser tous ceux qui auraient précipité son accession au trône, Morgane, en conseillère avisée, y veillerait. Elle hocha donc la tête à sa demande.

-Vos conditions me semblent, ma foi, tout à fait raisonnable,
répondit-elle dans un sourire. Je vous promets solennellement que tous vos vœux seront respectés sitôt qu’un nouveau roi aura remplacé le précédent, et soyez assuré que je veillerais personnellement à ce qu’il réponde à toutes vos exigences sans en omettre aucune. Quant à mes conditions… Elle marqua une légère pause. Je saurais me contenter de votre pleine et entière loyauté, N’obéissez qu’à moi, respectez mes seuls ordres et aucun autre, et vous serez récompensé au-delà même de vos espérances.


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Message#Sujet: Re: Les Conjurés   Dim 14 Jan - 19:23

« Les Conjurés »

« Je vous suis obligé, Madame, répondit Lanvain, la voix empreinte de respect. Qu’il en soit fait selon vos paroles. Pour cette tâche, en effet,  je n’écouterai que vous, je ne me fierai qu’à vous, je n’exécuterai que vos ordres. »
 
Notre jeune mercenaire avait bien précisé « pour cette tâche », car, déjà avait germé dans son esprit fécond quelques manigances pour mener à bien sa vengeance. Il avait une idée de la manière à arriver à ses fins, ou au moins se garantir de pouvoir le faire. Car il ne savait si son affreux doute, aujourd’hui disparu grâce aux exhortations de la Fée Morgane, ne pouvait pas revenir à un moment ou à un autre. Mais cela, il le gardait dans le secret de son cœur. Persuadé qu’Arthur était un vil mécréant à cet instant, il n’avait avant qu’entendu des louanges à son égards, sauf de la bouche des Saxons, qui n’appréciaient guère les guérillas que les Pendragon, père et fils, avaient menés contre eux.
 
« Cependant, reprit le jeune homme, si je veux servir nos desseins pour Arthur, il faudrait que je serve Arthur lui-même. Comprenez bien, je ne propose ça que dans notre intérêt. En lui proposant mes services, je pourrais me rapprocher du roi, en même temps que j’aurais une raison encore plus légitime de rester ici, à Camelot, pour les années à venir. Si je gagne suffisamment le confiance d’Arthur, alors je serais en mesure de me servir de ma place pour assouvir notre vengeance – Lanvain insista sur le mot « notre ». Je me dois également de gagner la confiance des chevaliers, pour que l’on ne me soupçonne pas, comme pour que vous, l’on ne vous soupçonne pas de la même façon. »
 
Le Saxon savait en effet qu’il ne faudrait rien laisser au hasard, même pour lui qui avait la fâcheuse habitude d’être un peu trop impétueux pour être un bon soldat mais parfaite pour un mercenaire un peu névrosé. « De la patience, Kendryek, c’est de la patience dont tu as le plus besoin. » pensa-t-il pour lui-même, se surprenant soudain à utiliser son ancien nom, que personne, même pas lui, n’avait utilisé depuis longtemps.

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Message#Sujet: Re: Les Conjurés   Lun 15 Jan - 20:08


Les conjurés
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organe devait bien reconnaître qu'il était tout sauf déplaisant d'entendre son interlocuteur lui promettre sa pleine et entière loyauté. Bien sûr, un serment sur l'honneur ne valait jamais grand-chose tant que ses conditions n'avaient pas été mises à l'épreuve, mais Morgane se voulait pour le moins confiante. Ce jeune homme lui faisait une excellente impression, et même si l'on n'est jamais à l'abri de déconvenues, elle voulait croire qu'elle gagnait un nouvel avantage dans ce petit jeu pour le moins longuet et surtout malsain qui ne durait que depuis trop longtemps qui l'opposait à son demi-frère.

Lanvain lui précisa tout de même la nature initiale de ses intentions, auxquelles il n'avait pas envie de se dérober, ce qu'elle comprenait très aisément, d'autant que ses plans, très concrets, n'avaient absolument rien pour lui déplaire ou susciter sa réserve ou son agacement. Bien sûr, laisser son nouveau protégé approcher de trop près Arthur, c'était prendre le risque qu'il lui échappe. Il est vrai que d'autres avant lui déjà avait rangé les armes et oublié la rage tant l'homme savait faire oublier à autrui l'ombre de son odieux géniteur... Quand bien même Morgane continuait de considérer qu'il n'était pas si peu différent d'Uther que ce qu'il avait bien envie de prétendre et de faire croire à tous. Mais en même temps, c'était en se rapprochant au plus près du roi que l'on pouvait espérer le faire tomber, et c'était d'ailleurs sur ceux qui en étaient le plus proches qu'elle comptait se reposer avant tout.

-Je n'ai aucune raison de m'y opposer, bien au contraire,
approuva-t-elle alors simplement. Cela exigera de votre part une immense discrétion, cependant, pour peu qu'il parvienne aux oreilles d'Arthur que nous avons échangé ne serait-ce que quelques mots, il pourrait bien se méfier. Encore que rien n'était si sûr. Après tout, elle était l'épouse de l'un de ses chevaliers, la mère d'un autre, et manifestement, il ne leur en tenait pas rigueur (et il avait malheureusement raison, ni Yvain, ni Urien n'étaient à la hauteur de ses attentes). Mais j'ai foi en vous, je ne doute pas de votre succès. Surtout n'hésitez pas à devenir pour lui le fils qu'il n'a jamais eu. Qu'il avait refusé d'avoir serait plus exact. Le moment venu, il se découvrira trahi par tous ceux qu'il aime, et c'est ce qui me réjouit le plus.

Guenièvre, Lancelot, Méléagant... Fallait-il poursuivre la liste ?

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Message#Sujet: Re: Les Conjurés   Sam 10 Fév - 15:27

« Les Conjurés »

« J'y veillerai, soyez sans crainte. » souffla le jeune homme. « Je connais les risques, mais j'entrevois surtout les enjeux. Je saurai garder votre secret, et le mien. »
 
Mais Lanvain se retint soudainement de froncer les sourcils à la remarque de Dame Morgane. Le doute revint le hanter, et son ombre spectrale planer sur lui. Faire souffrir Arthur, bien sûr c'était tentant. Le faire payer le plus durement possible les horreurs commises par sa lignée maudite par tant et tant, qu'ils soient saxons ou celtes. Au vu de ce que chacun d'eux avait enduré par la main d'un Pendragon, c'était légitime. Mais cela ne serait point honorable. Ce serait mesquin et petit. Honteux. Odieux. Odieux comme l'étaient les crimes barbares de ses pairs. Se venger était une chose, mais pour notre Saxon, il s'agissait plutôt de faire justice soit même, puisque celle du monde était corrompu par un tyran. Rétablir une égalité, verser le sang d'un seul homme pour les ignominies de toute une lignée. Rééquilibrer la balance en quelque sorte. Mais en prenant un malin plaisir à faire souffrir Arthur Pendragon le rendrait, lui, Lanvain l'Intrépide, aussi sanguinaire et cruel que ceux qu'il voulait combattre. 

Et c'était de là que naissait le doute : la Fée Morgane était-elle aussi victime qu'elle le prétendait ? Ou n'était-elle qu'en fait la projection d'une vieille haine jamais évacuée, comme un abcès qui aurait trop enflé ? Était-il en train de commettre la plus grosse bêtise de sa vie, en confiant sa vie et les secrets de son cœur à une personne malhonnête, qui ne compterait qu'utiliser sa douleur pour son propre profit ? Et si elle lui avait menti ? Si, comme les autres Saxons, Morgane ne voulait la perte d'Arthur que pour son trône ? Et si, une fois un nouvel héritier sur le trône, elle le manipulait pour faire régner un peine bien plus grande à Albion ? Mais d'où viendrait alors cette haine, et cette douleur qu'il devinait en elle ? Il se refusa à suivre le chemin de ses doutes. Il se refusa à les croire. Cela lui semblait impossible. Ce devait être un reste de rancœur que la douleur avait oublié derrière elle. Attiré peut-être par naïveté naturelle et première, et plus sûrement par le charisme certain de la belle dame, il ferma les yeux sur cette fameuse remarque qui l'avait fait douter. Nombreux devaient être les hommes qui l'avaient suivis dans ses passions destructrices. Peut-être même Arthur, pour un temps, avait été abusé le gant de satin qui masquait la main de fer.

Raffermi dans ses convictions de la bonne foi de Dame Morgane et l'hypothèse qu'une colère refoulée avait pu la faire parler ainsi, Lanvain ne laissa rien paraitre de ces doutes. Peut-être à peine un léger flottement, mais guère plus. Il était devenu excellent à ce jeu-là, à force de vivre Saxon dans un peuple breton, et inversement, à force de se battre Breton contre un peuple saxon. Si bien qu'il ne savait plus lequel des deux il était ; à trop mentir, on commençait à croire soi-même à ses propres mensonges. Quel étrange homme que ce mercenaire... N'avoir plus d'identité, ni peuple à qui être fidèle. Loyal seulement à son cœur et à ses principes. Déraciné. La seule chose dont il était sûr quant à son appartenance à un groupe, c'était qu'il était humain, animé (la plupart du temps) de noble sentiments, et qu'il était vivant.
 
« Que ferons-nous pour la Reine ? » demanda Lanvain. « Par son mariage, elle est devenue Pendragon, mais elle naquit de l'innocente Carmélide. Dame Guenièvre n'est pas coupable des crimes de la lignée de son mari. Sa seule erreur jusqu'ici a été de l'épouser - mais en avait-elle vraiment le choix ou l'envie ? Cependant... lorsqu'elle portera l'enfant d'Arthur, elle se trouvera complice de ses crimes. »

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Message#Sujet: Re: Les Conjurés   Lun 12 Fév - 20:16


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anvain lui garantit qu'il saurait garder son secret, leur secret, et même si son expérience lui avait apprise à être aussi défiante que faire se peut, elle avait la faiblesse de bien vouloir le croire dans tous les cas, parce qu'elle attendait beaucoup de cette nouvelle collaboration. Elle ne devinait rien des doutes qui s'étaient insinués dans l'esprit de son interlocuteur. Si elle en savait quoi que ce soit, elle oeuvrerait d'ores et déjà à les faire disparaître. Il n'en était rien, elle était seulement satisfaite de s'être trouvé un allié digne de ce nom, et elle comptait bien faire en sorte de le garder... D'autant que les doutes de Lanvain, pour certains du moins, n'étaient pas tous fondés. Le temps les dissiperaient peut-être, ou non. Dans tous les cas, ils changeaient déjà de sujet, sans que Morgane n'ait remarqué quoi que ce soit de différent dans l'attitude de Lanvin l'Intrépide si ce n'est la volonté sincère de faire tomber leur ennemi commun. Qui ne méritait rien mieux que cela, nul ne saurait convaincre Morgane du contraire. Il aborda le sujet de Guenièvre, et en effet, il fallait qu'ils en parlent, comme sans doute de beaucoup d'autres choses, d'ailleurs.

-Je doute que notre reine mette un jour au monde le moindre héritier,
observa posément Morgane. Dans le cas contraire, elle aurait sans doute agi par ses propres moyens afin qu'elle n'en soit pas capable (il y a peu de chose que la magie ne sache faire... ou défaire). Mais voilà tant d'années qu'ils étaient mariés, et Guenièvre n'était pas tombée enceinte une seule fois... Problème de fécondité, certainement... car Morgane était bien placée pour savoir qu'Arthur, en revanche, était tout à fait capable de s'assurer une descendance. Mais j'ai quoi qu'il en soit l'intention de la protéger. Pas par altruisme, loin de là, mais parce qu'elle n'était pas la cible qu'elle convoitait, et elle était convaincue que le bonheur de la reine ferait le malheur du roi. Guenièvre a un amant, annonça-t-elle simplement. Ou s'il n'est pas encore son amant, cela ne saurait tarder. Elle sera bien plus heureuse avec lui qu'avec son époux. Je veillerai, en tout cas, à ce qu'elle le soit.

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Message#Sujet: Re: Les Conjurés   Sam 5 Mai - 13:53

« Les Conjurés »

Lanvain se raidit un peu : la reine, un amant ? Elle ne semblait aussi pure qu’il la croyait alors. Mais si Dame Morgane avait raison, et que le Roi était réellement un monstre qui si voilait sa face en public, il pouvait comprendre que Dame Guenièvre ne l’aimât point, et qu’elle ne pouvait attendre de lui un enfant, car elle refuserait de porter en son sein la progéniture d’un tyran.

Le jeune se détendit vite, car, après cet instant de réflexion, il se trouvait à nouveau conforter dans l’idée qu’Arthur était un tyran comme son père et qu’il ne méritait que son courroux et celui de la belle dame, sa sœur, qu’il avait injustement fait souffrir.
 
«  Me tairiez-vous le nom de cet homme, heureux ou malheureux, sur qui notre Reine a jeté son dévolu ? S’il fait partie des chevaliers que je fréquente, je pourrais sûrement vous aider à accomplir le dessein que vous avez conçu pour lui. »
Lanvain n’était certes pas encore des plus biens vu parmi les chevaliers qui le rejetait pour sa nature de mercenaire, mais, à force de courage et de persévérance, de son assiduité aux entraînements du château, sa connaissance des armes et son accessibilité, il commençait peu à peu à se faire une place. Bien qu’il reste peu bavard sur ses origines – hormis pour Dame Morgane qui connaissait bien plus de choses que les autres à son sujet – il était tout de même assez enclin à discuter, même si sa devise restait « A l’assaut ! ». 
Il y avait particulièrement Gaspard qui l’appréciait et qu’il appréciait en retour. Cependant, il avait quelques problèmes avec Yvain, qui le détestait au plus haut point et qui ne lui facilitait malheureusement pas les choses pour s’intégrer aux restes des vaillants chevaliers de Camelot.

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HRP : Désolé pour le temps de réponse :/

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Message#Sujet: Re: Les Conjurés   Dim 6 Mai - 11:59


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organe crut voir de la surprise déformer quelques secondes les traits de son interlocuteur quand il découvrit le fait que Guenièvre avait un amant (ou tout comme, en l'occurrence). C'était ce qu'elle attendait, de le surprendre, et que loin de blâmer la reine adultère, il choisisse plutôt de se ranger de son côté. Ce semblait efficace, et Morgane n'était que d'autant plus ravie de voir que son petit discours avait le résultat escompté. Bien évidemment, la curiosité finit par parler, au-delà de la surprise elle-même, et il lui demanda de décliner l'identité de l'amant en question. Morgane hésita, pesant le pour et le contre. Elle n'avait pas envisagé, au début de cette conversation, de lui parler de tout cela, l'information lui avait échappé quand elle avait estimé qu'elle pourrait porter des fruits profitables, mais elle ne savait pas si elle devait pousser le vice encore un peu plus loin. Il est vrai qu'il pourrait peut-être lui être d'une certaine utilité, et que pour peu qu'il s'entende avec ce chevalier en question, cela pourrait leur servir. Oui, c'était peut-être un pari à prendre, mais n'en ayant pas encore calculé tous les risques, elle n'était pas vraiment sûre de devoir aller jusqu'à ses révélations. Certes, plus la conversation allait, plus le jeune Lanvain lui plaisait, mais elle ne pouvait oublier le fait qu'elle ne le connaissait encore que trop peu. Elle avait en main des cartes très précieuses, elle voulait bien en confier certaines à son interlocuteur, mais lui délivrer directement son jeu tout entier pourrait bien avoir des conséquences néfastes sur ses projets. Morgane tenait à garder le contrôle, quoi qu'il puisse arriver.

-Je préfère garder cette information pour moi pour le moment,
choisit-elle de répondre dans un fin sourire. N'en prenez pas ombrage, mais juré de garder le secret de son identité. Et je tiens mes promesses.

Ou non, parler de l'amant de Guenièvre, c'était déjà en dire trop, mais passons... Morgane n'était pas forcément le genre de personne que l'on puisse reconnaître à sa loyauté, elle n'était loyale qu'envers elle-même... et envers Mordred et Viviane (raison pour laquelle cette promesse-ci avait plus de valeur qu'une autre). Ceci dit, tant que les intérêts d'autrui rejoignait les siens, elle tenait ses engagements auprès d'eux. Et les intérêts de Lanvain concordaient entièrement avec les siens à l'heure actuelle.

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