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 Le désir est notre plus vivace ennemi. [pv Guenièvre]

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Message#Sujet: Le désir est notre plus vivace ennemi. [pv Guenièvre]   Jeu 31 Mar - 19:24


Le désir est notre plus vivace ennemi.
C

ette fois encore, le voyage avait été vain. Méléagant ne pouvait pas prétendre être vraiment surpris. Pour tout dire, il n'y avait pas spécialement cru, même, il ne l'avait pas cru du tout. Depuis que s'était amorcée cette inconsidérée quête du Graal, les chevaliers de la table ronde couraient d'un lieu à l'autre de l'île de Bretagne et revenaient toujours bredouille. Savait-on seulement s'il existait, ce prétendu Saint calice. Merlin l'affirmait à corps et à cri, bien sûr, mais ce n'était pas comme si l'homme avait un jour accordé la moindre foi à son opinion (depuis qu'excalibur avait choisi le fils bâtard d'Uther alors même qu'il était le meilleur prétendant au trône possible). Enfin, dans tous les cas, il faisait bonne mesure, prétendait être déçu chaque fois que le saint Graal échappait au roi de Camelot. Certes, s'il devait exister, Méléagant comptait bien mettre la main sur lui avant les autres, mais en attendant, voir Arthur Pendragon accumuler les échecs avait quelque chose d'un rien... jouissif. S'il pouvait ne pas être le seul à constater qu'Arthur n'était pas digne de la couronne qu'il portait ! Ils étaient si nombreux à lui lécher les bottes comme s'il était celui-là même dont le sang était supposé remplir le saint Calice ! C'était à vomir. À voir tous ces chevaliers obéir si sincèrement et fidèlement à leur roi, il n'en était que plus convaincu que tout ceci n'était jamais qu'une vulgaire mascarade. Et il serait grand temps, vraiment, qu'elle cesse. Une bonne fois pour toutes, si possible.

De retour de mission, de fait infructueuse, le chevalier avait décidé de passer quelques temps à Camelot. Il n'avait pas vraiment d'obligations ailleurs, rester au plus près du trône était une manière de caresser au plus près ses objectifs et de faire valoir sa prétendue loyauté et son présumé repentir concernant les crimes dont il s'était rendu coupable, et pour lesquels il ne regrettait rien, en vérité. Si, il regrettait une chose. Ne pas être parvenu à ses fins. Qu'Arthur soit intervenu, que Léodagan n'ait pas honoré sa promesse. Qu'elle ne soit pas à lui. C'était d'ailleurs pour elle, également, qu'il restait à Camelot, pour être au plus près de celle qu'il désirait d'autant plus qu'elle ne lui cédait pas. D'ailleurs, il avait ouïe dire qu'elle était enfin rentrer à Camelot, après un séjour en Carmélide. Il l'avait guettée, purement et simplement, et fait mine de la croiser enfin, dans les couloirs du château. S'assurant qu'ils soient seuls, bien sûr.

-Ma reine.
Il s'inclina en signe de respect avant de relever la tête. Les années ne faisaient que l'embellir. Ce qu'elle était belle. Ce qu'elle était désirable. Je me réjouis de vous revoir. Et c'était on ne peut plus sincère. Comment s'est déroulé votre voyage ?


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Message#Sujet: Re: Le désir est notre plus vivace ennemi. [pv Guenièvre]   Sam 7 Mai - 0:44

Le désir est notre plus vivace ennemi

Elle n'avait pas recroisé le chemin de Lancelot depuis son retour à Camelot et elle en était fort aise. Guenièvre savait que plus il y avait de distance entre elle et lui, plus elle était en capacité de garder ses esprits et de demeurer l'épouse fidèle et loyale qu'elle voulait être pour Arthur, qui avait tout ce qu'on peut vouloir et désirer chez un mari, pourtant. Elle était contente, oui, et triste en même temps, car la part la plus maligne d'elle avait espéré voir Lancelot dès son retour, avait espéré qu'il cherchait à la voir dès la seconde où elle aurait remis les pieds au royaume. Mais tout comme elle, il devait céder à la raison. Étrangement, ça l'attristait. Elle devait oublier ces pensées. Pour cela, mieux valait se concentrer sur tout ce qu'elle avait laissé en suspens pour se rendre dans son pays natal et passer du temps avec sa famille. Ces affaires pouvaient bien assez l'occuper pour qu'elle parvienne à faire un tant soit peu abstraction du reste. Du mieux qu'elle le pouvait. Ce n'était pas entièrement concluant, elle était contrainte de l'admettre. Elle aurait voulu être capable d'abandonner ses pensées en un claquement de doigt, mais son coeur n'était pas de cet avis. Elle n'avait jamais pensé que ses aspirations auraient une telle influence sur elle, mais c'était le cas. Elle était dominée par ses sentiments, et ils la rendaient folle. Folle au point qu'elle ait décidé de s'en aller le plus loin possible pour retrouver un peu de calme et de sérénité intérieure (ce qui n'avait été que partiellement efficace), folle au point que tout cela virait à l'obsession et à la démence. Comment rester honnête, loyale, heureuse en même temps. Elle était torturée par son envie, un désir à taire.

Oui, elle s'échinait à éviter Lancelot tout en espérant le voir, mais s'il y a bien une personne que Guenièvre se serait par contre échinée à éviter sans vouloir le voir du tout, c'était bien l'homme qu'elle avait à présent en face de lui. La reine se sentit blanchir. Méléagant. L'homme qui l'avait jadis enlevé. Si elle respectait les décisions et l'opinion d'Arthur, croiser le chevalier qui l'avait autrefois enlevée restait une épreuve, elle pensait toujours voir une lueur de désir dans son regard, et elle craignait bien que, la prochaine fois, il ne se contente pas de l'enlever. Elle le regarda, tenta de garder contenance. Elle aurait préféré qu'il la laisse tranquille. Mais ça ne lui aurait pas ressemblé, malheureusement.

"Très bien, je vous en remercie."
répondit-elle très froidement. "Je crains cependant de ne pas pouvoir vous rendre le compliment, votre présence ne m'a en rien manqué."

Elle ne devrait peut-être pas le préciser, mais le rejet était la parade qui lui restait, puisque l'ignorance n'avait pas l'effet escompté.



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Message#Sujet: Re: Le désir est notre plus vivace ennemi. [pv Guenièvre]   Sam 7 Mai - 10:13


Le désir est notre plus vivace ennemi.
L'

honnêteté n'était pas le for de Méléagant, le mensonge l'était bien plus. Un art qu'il avait très largement entretenu au cours de ses dernières années, alors qu'il devait tous les jours se faire passer pour ce chevalier repenti qui avait prêté allégeance au roi qu'il avait jadis récrié, afin de faire oublier que ses ambitions réelles étaient demeurées intactes. Son opinion n'avait pas changé, non, il convoitait toujours le trône où Arthur était assis, seulement, ce n'était pas en le clamant haut et fort qu'il parviendrait à ses fins, et cela, il avait bien fallu qu'il le comprenne. Mais il y avait bien une situation au cours de laquelle il n'avait pas besoin de prétendre, ou presque, c'était en présence de Guenièvre. Ce n'était qu'auprès d'elle que ses compliments avaient du sens, et pour cause, il pensait le moindre d'entre eux. Bien sûr, il était contraint de prétendre ses sentiments oubliés, pour le mieux, mais chaque fois qu'il louait sa beauté ou affirmait le plaisir qu'il avait de se trouver en sa compagnie, il s'exprimait avec la plus entière des honnêteté. Tout simplement parce que le même feu le consumait toujours, même après toutes ces années, à chaque fois que la jeune femme croisait son chemin, toujours plus belle, plus radieuse, lumineuse. Elle aussi sincère, mais malheureusement avare en compliment. Ce fut avec une froideur glaçante qu'elle lui affirma qu'il ne lui avait pas manqué. La rancœur était chez elle tenace, mais Méléagant considérait qu'elle était tout à son honneur. Elle ne lui pardonnait toujours pas sa présomption de jadis, comme le chevalier ne pardonnerait jamais à Léodagan de l'avoir privée d'une si sublime épouse. Elle ne s'en rendait pas compte. Il l'aurait comblée de bonheur. Bien sûr, elle aurait eu peine à pardonner la méthode forte qu'il avait dû employer pour forcer le destin, mais il lui aurait été tant et tant été dévoué (comme il l'était toujours) qu'elle l'aurait forcément pardonné.

-Je regrette de vous l'entendre dire.
répondit-il sincèrement. Que dois-je donc faire pour trouver grâce à vos yeux ?

Et oui, il posait la question très sincèrement. Il donnerait tout pour entrer dans ses bonnes grâces. Un jour ou l'autre, l'ordre des choses serait rétabli, un jour ou l'autre, elle serait à lui, puisqu'il l'avait décidé. Mais quand ce jour viendrait, il tenait à ce que sa passion ne soit pas à sens unique, il voulait qu'elle éprouve elle aussi ce sentiment qui le dévorait. N'était-il pas injuste, après tout, qu'il soit seul à le ressentir alors même qu'il consumait son âme avec une intensité sans cesse augmentée. Il voulait croire que c'était là, quelque part, qu'elle n'était seulement pas à même de le voir. Ce ne pouvait être si fort, si certain, et l'être pour rien. C'était le destin. Rien moins que le destin.


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Message#Sujet: Re: Le désir est notre plus vivace ennemi. [pv Guenièvre]   Jeu 26 Mai - 23:14

Le désir est notre plus vivace ennemi

Des regrets, Méléagant pouvait en avoir en nombre, Guenièvre n'en doutait pas, il avait toutes les raisons de regretter, sur plus d'un sujet. Mais au-delà de son devoir moral, il y avait la vérité, la réalité, et dans la réalité, l'homme ne lui semblait pas sujet à ces scrupules qui serreraient le coeur de n'importe quelle personne normalement constituée. Il ne s'était jamais excusé sincèrement de la façon dont il l'avait traitée à l'époque. Elle savait qu'il pensait l'aimer. Il le lui avait prétendu à plus d'une reprise, mais si elle savait lire un amour sincère dans les yeux de son époux, et un autre passionné dans le regard de Lancelot (ce qui était une mauvaise chose, très mauvaise... mais en même temps très agréable), ce n'était pas ce qu'elle déchiffrait dans les prunelles du chevalier. Non, il lui était d'avis qu'il s'agissait dans son cas de toute autre chose. Peut-être croyait-il en une passion sincère, en des sentiments réels. Mais tout cela n'était que mensonge, il se mentait à lui-même. Tout ceci tenait d'une obsession malsaine qui mettait Guenièvre chaque fois plus mal à l'aise quand elle croisait le chemin de cet homme. Si Arthur le pensait repenti, la reine n'en croyait rien, pour sa part, et à le voir ainsi en face d'elle, à l'entendre lui parler comme il le faisait, elle ne pouvait qu'être convaincue que quelque chose n'allait pas, chez cet homme. Il était un prédateur. Et elle le ressentait au fond d'elle, il lui voulait du mal. S'ils se trouvaient en un autre endroit, s'ils n'étaient pas protégés dans son domaine, elle aurait sûrement pris ses jambes à son cou pour mettre le plus de distance possible entre elle et cet homme qui devait croire encore qu'elle était destinée à devenir son épouse.

"Il n'y a rien que vous puissiez faire."
affirma-t-elle avec un ton qu'elle arrivait à faire suffisant uniquement parce qu'elle ne savait pas prendre beaucoup de risques en cet instant. Il ne pouvait rien lui faire, là, maintenant... N'est-ce pas ? "Ou bien si... Laissez-moi tranquille. Ne me parlez plus, ne posez plus jamais les yeux sur moi, ne venez pas à Camelot."

S'il voulait vraiment lui faire plaisir, s'il voulait vraiment veiller à son bien, alors elle ne se voyait qu'exiger cela de lui. Si seulement il pouvait lui obéir sans demander son reste ! Mais elle n'avait pas besoin d'attendre sa réponse pour savoir qu'il n'en ferait rien. Elle le connaissait malgré tout trop bien. Ses obsessions ne dataient pas d'hier. Elle l'imaginait mal faire abstraction d'elles et se retirer du jeu.

"Vous pouvez faire ça pour moi ?"


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Message#Sujet: Re: Le désir est notre plus vivace ennemi. [pv Guenièvre]   Sam 28 Mai - 11:28


Le désir est notre plus vivace ennemi.
M

éléagant n'avait malheureusement nul besoin d'entendre de la part de sa reine, de cette femme qu'il désirait plus que passionnément, la réponse qu'elle allait lui fournir pour savoir que celle-ci contrarierait ses sentiments, qu'elle prenait soin de mettre à mal chaque jour de son existence, en l'évitant, en le méprisant, en le haïssant, quand lui-même se consumait pour elle d'un amour vif et ardent, que le temps n'avait jamais su altérer. Qu'elle y voit de l'obsession si elle le désirait, il saurait bien vite la détromper, si seulement elle lui laissait un semblant de chances mais, grand mal lui fasse, elle n'y semblait de toute évidence pas prête. Elle affirma donc qu'il n'y avait rien qu'il puisse faire pour entrer dans ses bonnes grâces, avant de se raviser. Si le chevalier ne connaissait pas aussi bien Guenièvre, il aurait pu s'y laisser prendre, mais il la connaissait, justement, et il savait, par conséquent, de quoi elle était capable et de quel venin ses mots, parfois, pouvaient être chargés. Ça pouvait faire particulièrement mal, d'ailleurs. À l'heure actuelle, Méléagant avait le sentiment que l'on transperçait son cœur d'épines gigantesques, qui toute auraient été trempées d'un poison mortel. Pourtant, il ne renoncerait pas, pour rien au monde il ne renoncerait à elle. Quand elle le sommait de le laisser tranquille, de l'oublier, de ne plus penser à elle, de ne plus revenir à Camelot, il était bien incapable de s'y contraindre. Elle lui demandait l'impossible, elle devait bien le savoir. De tout ce qu'il se sentait prêt à faire pour elle, elle choisissait l'unique chose à laquelle il était bien incapable de consentir. Renoncer à elle ? Cela n'arriverait jamais, il préférait encore mourir de se laisser trop consumer que de la voir lui échapper.

-Vous me donnez, ma reine, le seul ordre auquel je ne puis obéir, j'en suis navré.


Elle lui était bien trop précieuse pour que l'idée même ne sache l'effleurer. Il pouvait bien lui demander de soulever des montagnes qu'il y mettrait pourtant la plus grandes des applications, uniquement pour lui prouver sa valeur et son mérite. Mais pour cela, il savait qu'il ne lui restait en vérité qu'une unique option, une seule planche de salut. Il devait reprendre son titre, celui qu'Arthur, à ses yeux, lui avait extirpé. Quand sa couronne ornerait sa tête, comment serait-elle capable de résister ?

-Et quand bien même je voudrais m'en aller, je ne saurais trahir mon serment envers votre époux.


Son serment en tant que chevalier de la table ronde, donc, celui de servir Arthur et de l'aider à conquérir le Graal. Sauf qu'il s'agissait là d'un vœu qu'il n'éprouverait que trop de plaisir à rompre au moment venu. Et ce qu'il pouvait tarder, ce moment ! La patience de Méléagant était mise à rude épreuve. La présence de Guenièvre face à lui n'y aidait pas par ailleurs.


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Message#Sujet: Re: Le désir est notre plus vivace ennemi. [pv Guenièvre]   Dim 17 Juil - 21:03

Le désir est notre plus vivace ennemi

Il aurait été trop beau que d'entendre Méléagant obéir à ses directives, s'incliner devant ses ordres et disparaître pour toujours dans son sillage. Mais elle n'en avait rien cru. Guenièvre avait su dès l'instant où elle s'était adressée à Méléagant que ce dernier n'allait pas lui obéir, n'aurait que faire de ses directives. Après tout, il le savait, il l'avait toujours su, qu'elle ne l'aimait pas, qu'elle ne supportait pas sa présence, que celle-ci lui rappelait bien trop cruellement l'époque où il la maintenant captive, convaincue qu'il ferait d'elle son épouse. Elle ne pouvait croire ni en la sincérité de ses sentiments, ni à l'honnêteté de sa passion. Oui, il était obsessionnel vis-à-vis d'elle, elle l'avait vu. Mais s'il l'aimait vraiment, il la laisserait partir. S'il l'aimait vraiment, il tournerait la page. Ou encore, il consentirait au sacrifice de son départ. Son refus catégorique de lui obéir étaient bien la preuve qu'il ne l'aimait pas vraiment, et aussi qu'il était dangereux, autant pour elle que pour lui-même. Il avait beau dire, elle était convaincue qu'il y en avait d'autres, des ordres auxquels il ne saurait obéir hormis celui qu'elle venait de lui donner. Elle était bien tentée de le tester, d'ailleurs, mais elle s'en abstint. Elle avait conscience que ce serait tenter le diable, et elle tentait déjà bien assez comme cela sans rien faire pour et en cherchant à tout faire pour le décourager. L'argument qu'il avança ensuite ne manqua pas de faire naître une certaine colère en elle. De quel droit osait-il ainsi mettre sur le tapis son allégeance envers son époux alors qu'elle le sentait ouvertement prêt à la séduire.


"Inutile de prétendre vous investir dans votre rôle de chevalier."
répondit-elle d'un ton sévère. "Nous savons l'un comme l'autre ce que vous voulez réellement."

Elle le savait très bien, même, parce qu'il le désirait depuis longtemps, avant même qu'elle ne devienne la reine. Il voulait le trône où était assis Arthur, la couronne qui se trouvait sur sa tête. Bien sûr, Guenièvre avait voulu prévenir Arthur de ces intentions qui étaient à ses yeux inchangés, mais le roi avait foi en la nature humaine de chacun et croyait au pardon. Elle l'aimait pour cela, et elle était bien souvent d'accord avec lui par ailleurs. Mais pas là, pas cette fois. Elle ne se souvenait que trop bien de l'enfer que Méléagant lui avait fait subir pour savoir lui pardonner ou de faire preuve d'indulgence à son égard.



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Message#Sujet: Re: Le désir est notre plus vivace ennemi. [pv Guenièvre]   Lun 18 Juil - 17:24


Le désir est notre plus vivace ennemi.
S

i Méléagant parvenait à faire illusion en présence du roi Arthur (et il considérait qu'il y parvenait même plus que bien, d'une manière on ne peut plus efficace, à moins qu'Arthur soit très bonne acteur et qu'il se laisse duper depuis le tout début), il ne parvenait pas à un tel résultat en présence de la reine, et pour cause, il s'était dévoilé à elle comme il ne l'avait jamais fait avec personne. Ce visage, son vrai visage, qu'il dissimulait la plupart du temps sous un masque de gentillesse et de générosité, elle le connaissait, il lui avait donné le loisir d'en observer le moindre trait dans l'espoir qu'elle finisse par les aimer, quand lui-même était tombé fou amoureux d'elle, incapable de lutter contre ses propres sentiments... Alors oui, forcément, elle ne devait pas vraiment accepter ni croire en son petit numéro de chevalier repenti, qui officiait dorénavant à la table ronde, au service d'Arthur, et prétendait encourager un règne qu'il avait si souvent qualifié d'illégitime, en le pensant, bien sûr. Quand il se pensait sur le point d'épouser Guenièvre, il lui avait fait part de ses projets pour eux deux, et bien sûr, conquérir le trône en faisait partie. Finalement, c'était celle des deux qui le désirait le moins qui était parvenu à ses fins. Même s'il n'avait toujours pas renoncé. Alors oui, forcément, la jeune femme ne pouvait pas croire dans son repentir qui n'avait rien de sincère. Au monde, elle était celle qui pouvait se targuer de mieux le connaître. Il pouvait le regretter. Ce n'était pas le cas le moins du monde. Parce qu'elle était celle pour qui il voulait absolument se montrer honnête, parce qu'elle était celle qui devait cerner le fond de son âme, et dont il voulait connaître le sien. Leurs âmes n'étaient-elles pas sœurs ? Il voulait croire que oui. Il était convaincu que oui.

-Oui, vous comme moi en avons conscience
, affirma-t-il donc, dans un léger sourire, ne cherchant même pas à contredire la reine, s'il avait menti comme à tout autre, il n'aurait pas semblé sincère. Quoique, au final, il ne fit pas preuve de la plus grande des sincérités en poursuivant. Ce n'est pas la place que je désirais, ce n'est pas la vie que j'ai choisi... Loin s'en faut. Mais quoi que je puisse faire en ce monde, je le ferai toujours dans votre seul et unique intérêt.

Cela, il le pensait, mais ce serait mentir que de prétendre que ses ambitions étaient désintéressées et focalisées sur la reine. Si tel était le cas, il agirait différemment, il saurait que le bonheur de la reine était auprès de son époux (ou pas) et il la laisserait tranquille, sans plus chercher à s'imposer ou à faire quelque mal que ce soit. Mais non, il ne pensait qu'aux choses qu'ils désiraient, c'était sur cela que se focalisaient toutes ses réflexions. Le cœur qu'il voulait conquérir, le trône qu'il voulait sien.

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Message#Sujet: Re: Le désir est notre plus vivace ennemi. [pv Guenièvre]   Dim 4 Sep - 23:29

Le désir est notre plus vivace ennemi

Guenièvre avait envie de prier, maintenant, le plus fébrilement et fermement possible pour que quelqu'un, n'importe qui, rentrer dans ce couloir et mettre fin à cette conversation où les sous-entendus se dissipaient peu à peu pour laisser place à une parole que la reine n'avait pas la moindre envie d'entendre, parce que faire face à la réalité était difficile, vraiment difficile, une épreuve de tous les instants qu'elle ne se sentait pas forcément capable d'assumer et de supporter. Elle avait été tirée de cet enfer (par Arthur, d'ailleurs, envers lequel elle ne faisait pas preuve de la reconnaissance qu'il méritait, elle le savait), la présence constante de Méléagant l'y repropulsait, comme si elle devait cesser de respirer ou même de vivre chaque fois que le chevalier était dans son sillage, se trouvait à Camelot. Si encore, Méléagant jouait les hypocrites avec elle comme il savait si bien le faire avec le roi ! Mais non, il lui parlait très honnêtement de ses sentiments, comme s'il n'y avait aucune pudeur à avoir, comme si tout ceci était parfaitement normal. C'était plus insupportable encore ainsi aux yeux de la souveraine, qui supportait un discours qu'elle ne voulait pas entendre et qui lui faisait du mal. Il n'était pas à la place qu'il avait voulue et choisi, c'est sûr, sinon, il aurait adopté point pour point la vie d'Arthur, mais par contre, il avait bel et bien la vie qu'il méritait selon elle. Il n'avait ni la noblesse naturelle, ni le courage, ni la gentillesse de ce roi qui subissait de tous les côtés une trahison affreuse et terrible. Et voilà qu'il ajoutait qu'il n'agissait que pour elle, que tout ce qu'il faisait, il le faisait dans son intérêt. C'était absurde. Elle n'avait jamais voulu attiser une passion à ce point violente, et encore moins si destructrice.


"Vous ne m'aimez pas. Vous pensez m'aimez, mais si vous m'aimiez, vous accepteriez de m'oublier, vous ne voudriez que mon bonheur."
Elle marqua une pause. "Et mon bonheur, c'est d'être loin de vous."

C'était sans doute ça le vrai amour, oui, le renoncement, ce qu'éprouvait Méléagant n'était rien d'autre que de l'obsession. Mais en même temps, était-elle mieux avec Lancelot ? Peut-être pas, car elle n'arrivait pas non plus à renoncer quand bien même ce n'était pas la meilleure des solutions. Elle se comparait elle-même à Méléagant, c'était que sa situation était réellement grave... Dans tous les cas, elle devait se concentrer sur la situation présente. Et en la situation présente, elle voulait que l'homme qui l'avait enlevée lui fiche la paix. Elle voulait qu'il s'ôte de la tête l'idée de la récupérer.Elle considérait cet homme comme quelqu'un d'instable. Il pourrait bien finir par lui faire du mal, beaucoup de mal, même.


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Message#Sujet: Re: Le désir est notre plus vivace ennemi. [pv Guenièvre]   Mar 6 Sep - 19:17


Le désir est notre plus vivace ennemi.
P

résomptueuse et impétueuse, voilà deux adjectifs qui qualifieraient à merveille Guenièvre, aux yeux de Méléagant. Et à ses yeux, non, ce n'était pas des défauts, mais bel et bien des qualités, à ses yeux. Elle avait un caractère fort, au-delà du calme et de la douceur qu'elle affichait au quotidien, et il aimait autant chez elle sa douceur apparente que le feu qu'il savait brûler en elle et que tout le monde n'était pas forcément disposé à voir. Il lui inspirait plus de colère que d'amour, il le savait, mais à ses yeux, ces deux sentiments n'étaient pas si différents, au contraire. Ils étaient pour lui le témoignage d'une passion réelle, qui orientée comme il le fallait pourrait bien faire d'eux le couple le plus assorti et sublime qui ait jamais existé. D'accord, le chevalier de la table ronde faisait clairement des plans sur la comète et prenait ses rêves pour la réalité. Mais il avait l'intention de faire de ses rêves une réalité. Un jour, elle serait la plus comblée des épouses, tout simplement parce qu'elle serait la sienne. Elle n'était seulement pas à même de s'en rendre compte. Méléagant préféra accueillir la remarque de sa belle avec un sourire, quand elle lui affirma qu'il ne l'aimait pas, qu'il pensait seulement l'aimer mais que ce n'était pas le cas puisqu'il ne voulait pas son bonheur. Oh, il l'adorait réellement, mais comme elle se trompait ! Personne ne l'avait jamais aimée (et pourtant, elle était très aimée) comme il l'aimait lui. Oui, sa passion le détruisait à petit feu. Mais n'était-ce pas ça, l'amour ? Un feu qui vous consume, qui vous brûle, vous dévore. Ça pique et ça réchauffe, ça fait du mal et du bien en même temps, ça vous rend vivants. Elle avait beau dire que son bonheur était d'être loin de lui, il n'y croyait pas une seule seconde.

-Je vous adore, Guenièvre, même quand vous avez tort.
répondit-il, ne dissimulant définitivement plus rien de ses sentiments, d'autant plus qu'ils étaient l'un comme l'autre assez clairs depuis tout à l'heure, et qu'il n'y avait personne à proximité. Votre bonheur, c'est d'être près de moi. Vous ne le savez pas encore, voilà tout. Mais je ne manquerai pas de vous le prouver quand vous deviendrez ma femme. Et il exposait ses projets de façon manifeste. D'un autre côté, elle n'avait jamais ignoré qu'il ambitionnait de régner à ses côtés, de lui passer la bague au doigt comme ça aurait dû être le cas autrefois. Je ne demande qu'à vous rendre heureuse, croyez-moi.

Avec autant de culot que d'assurance, il serra sa main dans la sienne. Il s'attendait à un violent rejet, il y était préparé, mais ça lui était égal. Il en avait envie.

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Message#Sujet: Re: Le désir est notre plus vivace ennemi. [pv Guenièvre]   Ven 30 Sep - 23:31

Le désir est notre plus vivace ennemi

   "Je vous adore". Ces mots, échappés d'autres lèvres, devraient normalement être tendre, saisissants, fascinants, agréables, comme ils l'avaient été la première fois qu'Arthur les avait prononcés à son adresse, quand le coeur de Guenièvre n'était pas encore perturbé par des émotions contraires. À la limite pouvaient-ils être dangereux (oh, comme Guenièvre aimerait entendre ces mots de la part de Lancelot, et comme elle avait honte que cette pensée ait même osé traverser le seuil de son inconscient ! Elle ne devrait pas s'autoriser de telles pensées). Mais là c'était au-delà de ce qui est dangereux. La jeune femme était loin de considérer ces mots comme des aveux d'amour et de tendresse, elle entendait une réelle menace, véritablement angoissante. Il la désirait déjà, autrefois, et il n'avait pas hésité à mettre en oeuvre les pires desseins dans le but de la posséder. S'il n'avait rien tenté depuis, si la présence d'Arthur semblait la protéger, elle avait quand même vraiment très peur qu'il sombre dans ses anciens travers. Elle avait peur, et elle savait que c'était une peur tout de même justifiée. Les mots de Méléagant pouvaient être perçus comme de la pure provocation, de celles auxquelles il ne faut pas prêter garde, surtout pas. Mais elle connaissait tout de même l'énergumène qui lui faisait face, elle savait qu'il lui fallait se méfier. Il se trompait tant ! Et il s'empêtrait tellement dans ses erreurs qu'il l'apitoierait presque, à la vérité. Il devait être bien malheureux, cet homme rongé par la frustration. Et le problème ne venait pas du tout d'elle. C'était autre chose, une chose qui n'avait ni rapport avec l'amour pour elle qu'il fantasmait, ni rapport avec la jalousie (évidemment déplacée) que lui inspirait le roi Arthur.
   
   "Je ne serai jamais votre femme !"
répliqua-t-elle d'un ton sec et absolument sans appel. "Faites-vous une raison, mon bonheur ne dépendra jamais du vôtre." Ou alors, son bonheur dépendrait de son malheur à elle. Mais elle refusait de croire qu'il finirait par gagner, qu'il finirait par obtenir ce qu'il désirait. Alors ce serait la fin de tout. "Plutôt mourir que de retomber entre vos griffes." Ses griffes, ses serres de rapace, qu'importe, elle ne le laisserait pas faire, elle refuserait de vivre une vie pareille. "Cessez, à présent ou j'apprendrai par le détail à mon mari ce que vous venez de me dire."
   

   Elle devrait le faire directement, à vrai dire, mais elle ne voulait pas raviver ses anciennes blessures, elle avait mis suffisamment en garde Arthur contre Méléagant pour cela. Tant qu'il les laissait tranquille, elle ne dirait rien, s'il insistait, elle espérait que le roi prendrait les mesures qui s'imposent. Elle inviterait bien Arthur à soustraire Méléagant à son statut de chevalier, mais puisqu'il le lui devait, ce ne pouvait pas être si simple, malheureusement.
   

   
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Message#Sujet: Re: Le désir est notre plus vivace ennemi. [pv Guenièvre]   Sam 1 Oct - 9:59


Le désir est notre plus vivace ennemi.
P

eut-on nier, sous le prétexte d'en devenir totalement fou, les affirmations véhémentes de la femme que vous aimez quand celle-ci proteste et ne cesse d'assurer qu'elle ne veut pas de vous ? Un homme vraiment amoureux, d' un amour pur, non corrompu, ne le pourrait pas. Mais l'âme de Méléagant était corrompue depuis bien longtemps, déjà, et le chevalier, empêtré dans sa folie et dans ses propres sentiments, était bien incapable d'admettre ce qui sautait aux yeux : il n'y avait pas le commencement d'une ombre d'affection chez la reine Guenièvre, et il n'y en aurait jamais, ce qu'il aurait pu conquérir autrefois, il l'avait perdu, il avait forcé le destin, et le destin l'avait blâmé pour cela. Mais était-ce de sa faute, s'il était impétueux, impatient ? Il n'avait pas pensé à mal. Il avait seulement voulu exaucer ses rêves, et il avait été convaincu que c'était là la meilleure manière de procéder. Maintenant, il ne savait trop comment il allait faire. S'il était convaincu de l'issue de ses plans : qu'il récupèrerait le trône d'Arthur, qu'il épouserait sa femme, s'il savait sur quelles collaborations compter pour parvenir à ses fins. Il ignorait de quelle manière il gagnerait pour de bon le cœur de son épouse. Il l'ignorait, mais il y parviendrait. Il le fallait. Car quoi qu'elle puisse dire, oui, elle deviendrait sa femme. Après le chaos, la confusion, quand elle se serait remise du départ d'Arthur, quand elle se sentirait prête à aimer de nouveau, alors il déploierait des trésors de douceur et de tendresse pour qu'elle partage avec lui la flemme qui ne l'animait que trop, et qui finirait par le consumer entièrement s'il n'y prêtai pas garde. Quand elle affirmer préférer mourir plutôt que d'être à nouveau sa captive, il sentait son cœur se serrer, mais pour autant, il ne lui laisserait pas affirmer une chose pareille. Il ne voulait que son bonheur, son épanouissement... il voulait, il fallait qu'elle vive, pour que tout cela soit possible. Elle ne comprenait pas, elle ne comprenait pas. Mais un jour, cela finirait par arriver.

-Je déplorerais que le roi apprenne quoi que ce soit de notre conversation.
Il s'approcha d'un pas de Guenièvre. Elle était si belle, l'envie de déposer ses lèvres sur les siennes était irrésistible, vraiment. Mais il s'abstenait. Trop tenter le diable n'était pas un luxe qu'il pouvait réellement s'accorder. Il avait beau pavoiser, il n'apprécierait vraiment pas que ses projets, ses propos, tombent entre les oreilles du roi. Un jour, cela n'aurait plus d'importance, mais ce jour-là n'était pas encore arrivé. Alors, en attendant, il fallait faire preuve de prudence. Car je déplorerai d'avoir à vous le reprocher à vous... d'avoir à vous faire du mal, au profit de votre silence.

La menace était explicite. Méléagant ne pouvait savoir si cela suffirait, mais il y comptait. Il n'était pas tant que l'une de ses meilleures raisons de mener à bien ses projets devienne celle qui les compromettra.

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Message#Sujet: Re: Le désir est notre plus vivace ennemi. [pv Guenièvre]   Ven 7 Oct - 22:43

Le désir est notre plus vivace ennemi

   Le miel de sa voix était un poison. Les déclarations les plus douces se transformaient chez Méléagant en menaces terribles. Il avait à peine besoin de sous-entendus, pour cela, Guenièvre les décelait à coup sûr, parce que si elle n'était pas d'un naturel défiant, il n'y avait aucun homme au monde qu'elle redoutait et craignait plus que Méléagant, l'homme qui l'avait enlevée jadis, l'homme qui aurait pu être son époux si Arthur n'était pas intervenu à temps. Arthur... Elle lui devait tant ! Et en son for intérieur, elle avait déjà pourtant l'horrible sentiment de le trahir, rien qu'en pensée. Méléagant n'était pas le seul à mentir, à montrer au roi un faux visage. Leurs intentions étaient bien différentes, la pureté de leur coeur et de leurs sentiments incomparables, mais le résultat, lui, était au-delà de ce qui est supportable. Les menaces affleuraient à chaque phrase chez le chevalier de la table ronde soi-disant repenti, oui, mais celle qu'il prononça, en l'occurrence, ne dissimulait vraiment plus grand-chose de la cruauté de ses intentions. Elle refusait de se laisser attendrir par ses attentions, alors il lui dévoilait son vrai visage. Elle avait déjà vu ça, chez lui. À l'époque. Son masque de courtoisie pouvait céder si facilement pour peu qu'elle-même ne cède pas ! Et jamais elle ne cèderait. Pas à lui, en tout cas. Il s'approcha d'elle, d'un pas. Il était beaucoup trop proche d'elle, maintenant. Elle sentait une boule invisible lui obstruait la gorge et un étau compressait son estomac. Elle se recula d'un pas pour ne pas supporter son souffle sur son visage, feignant de ne pas redouter de le regarder dans les yeux alors que c'était pour elle une crainte et une hantise. Elle sentit son dos se cogner au mur de pierre derrière elle. Pourvu qu'il n'avance plus ! Elle serait piégée.

La menace déguisée ne l'était plus. Les propos de Méléagant ne pouvaient pas prêter à confusion, et Guenièvre n'en comprenait malheureusement que trop bien le sens. Si elle parlait, il lui en ferait payer le prix fort. Comment, tout en affirmant de telles choses, pouvait-il prétendre l'aimer ? Comment pouvait-on menacer la personne qu'on aime de lui faire du mal ? Mais la menace était efficace, quoi qu'il en soit. La reine avait bel et bien peur. Elle redoutait les tourments de cet homme, la folie qui luisait dans ses yeux, elle avait peur. Elle ne dirait rien parce qu'elle craignait autant pour elle-même que pour Arthur. Mais il fallait qu'il la laisse, maintenant, où elle ne répondrait plus de rien.

"Allez-vous en, je vous en prie."
, déclara-t-elle d'un ton qu'elle voulait ferme mais qui frôlait sûrement la supplication.

Elle ne voulait plus le voir.


  
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Message#Sujet: Re: Le désir est notre plus vivace ennemi. [pv Guenièvre]   Sam 8 Oct - 17:27


Le désir est notre plus vivace ennemi.
I

l avait fait un pas dans sa direction, aussitôt elle avait reculé, cela s'était fait presque dans un même mouvement. Même quand elle le fuyait, il les trouvait particulièrement assortis, tous les deux. Malgré tout, l'espace entre eux était à présent très réduit, et ce pour une raison simple. Un mur faisait obstacle au recul de la reine, et Méléagant, pour sa part, continuait d'avancer sans la moindre honte... Sans scrupules, il ne ressentait aucun besoin d'en avoir tant qu'il n'y avait pas de témoins à cette scène, et en l'occurrence, il n'y en avait pas. Ils étaient encore seuls, et c'était tant mieux, car la situation devenait de plus en plus compromettante... pour lui, du moins. Car Guenièvre restait un exemple de tenue, de fidélité et de rigueur. Elle ne laissait rien deviner de ses éventuels sentiments pour lui. Des sentiments qu'il fantasmait, bien sûr, et qui n'existaient pas réellement. Oh non, il n'avait pas envie de s'en aller. Les supplications de son interlocutrice n'y changeait rien, absolument rien du tout. Ça ne l'invitait que d'autant plus à insister, en réalité. Raison pour laquelle il s'avança encore d'un peu. Elle refusait que son regard soutienne le sien, mais elle voulait l'y forcer, tout comme il voulait qu'elle sente la chaleur de son souffle sur sa peau, tout comme il souhaitait que son odeur imprègne chaque fibre de son être. Si ça ne fonctionnait pas, au moins profiterait-il de son souffle à elle, s'imprègnerait-il de son parfum à elle. Il lui adressa un sourire qui s'harmonisait parfaitement avec la lueur de convoitise qui brillait dans son regard.

-Je vous fais peur ? Je vous impressionne ?
demanda-t-il d'un ton qui ne tolérait pas de réponses contraires. Tant mieux, ainsi je ne vous laisse pas indifférente, ajouta-t-il, qui ne comptait certainement pas s'avouer vaincu pour si peu. Elle serait sienne, qu'elle le veuille ou non et quoi qu'il puisse arriver. Pourquoi lutter ?

Et lui, pourquoi lutterait-il une fois encore et comme beaucoup trop souvent contre son envie, elle vraiment sincère, mais bien évidemment non partagée, même s'il tenait à se convaincre de l'inverse. Elle pouvait lutter autant qu'elle le voudrait, lui en tout cas ne lutta pas. Il brisa le peu d'espace qui la séparait encore d'elle et pressa ses lèvres contre les siennes. Un baiser volé, dont il n'attendait pas la moindre réponse (il était certes obsessionnel et se voilait la face concernant Guenièvre, mais pas au point de penser qu'il suffisait de lui sauter au cou pour qu'il lui rende la pareille. Il l'aurait fait bien plus tôt, sinon), mais dont l'envie l'habitait depuis un moment déjà. Un contact simple mais qui suffisait à le convaincre du fait que cette femme était définitivement faite pour lui, qu'il était destiné à l'épouser. Et il ferait tout pour qu'elle soit sienne.




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Message#Sujet: Re: Le désir est notre plus vivace ennemi. [pv Guenièvre]   Lun 10 Oct - 23:30

Le désir est notre plus vivace ennemi


Est-ce qu'elle avait peur ? Est-ce qu'il l'impressionnait ? Oui. Et oui. Elle serait folle de ne pas avoir peur en cet instant, alors qu'il lui suffirait peut-être d'un geste pour avoir l'ascendant sur elle et la précipiter dans les ténèbres, ses ténèbres tortueuses. Oui, elle avait peur, évidemment qu'elle avait peur. Cet homme avait fait d'une partie de sa vie un cauchemar. Elle n'avait jamais oublié le temps qu'elle avait passé, captive de ce chevalier auquel l'avait promise son père. Elle avait eu peur. Très peur. Et elle éprouvait le même sentiment maintenant, elle était comme un animal sans défenses captif des griffes d'un prédateur vorace. Elle ne savait pas ce qui l'attendait. Elle était tétanisée. Elle aurait aimé partir, elle aurait aimé se défendre, elle aurait aimé faire quelque chose, tout simplement, mais elle n'arrivait à rien faire. Statue de sel. Elle était tétanisée. Elle voulait tellement qu'il s'en aille, mais il n'y avait plus d'issue possible. Ou elle n'avait plus la présence d'esprit d'en trouver une. Son souffle glacé sur la peau de son visage faisait naître des frissons gigantesques dans son échine. Qu'il s'en aille. Pitié. Qu'il s'en aille. Qu'il n'en fasse pas davantage ! Elle voudrait tant que quelqu'un traverse enfin ce satané couloir, la libère de ce sentiment d'impuissance. Si Arthur était là ! Il verrait que son chevalier n'a pas changé, il la croirait, il la protègerait... Pourtant, c'était de Lancelot qu'elle aurait aimé croiser le regard en cet instant. Il aurait soulagé ses craintes en un clin d'oeil, elle aurait apaisé ses maux en un regard. Quelle disgrâce de se laisser envahir ainsi de pensées déshonorantes au moment ou un tiers cherchait lui aussi à la déshonorer ! Pourquoi lutter ! Pour elle ! Mais elle n'y arrivait pas. Ce ne fut que quand Méléagant déposa ses lèvres sur les siennes qu'un sursaut, comme une violente décharge électrique qui l'aurait envahie de toute part, la traversa de manière aussi puissante que subite. Une décharge d'adrénaline, peut-être, car elle trouva alors le courage de se défendre.


"Comment osez-vous !"
dit-elle d'une voix forte qu'elle se reconnaissait à peine, mais fort à propos, avec toujours l'espoir que quelqu'un passerait par là, même si ce dit espoir se faisait de plus en plus mince.

Et l'élan, la décharge, lui donna la force nécessaire pour lever une main colérique sur son interlocuteur et oppresseur, qu'elle aplatit avec conviction sur sa joue, si fort que ses doigts en tremblèrent. Elle put donc se dégager de son emprise et faire volte-face, s'éloigner le plus vite et le plus loin possible.


"Ne vous avisez plus jamais de recommencer une chose pareille."
le menaça-t-elle ensuite. Et c'était bien les dernières paroles qu'elle lui concédait, car elle faisait à présent volte-face, avec le souhait que ses pas la mènent au plus loin de cet individu d'une désinvolture et d'une cruauté de tous les diables.

  
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