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 Nous sommes riches aussi de nos misères [Freya :3]

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Message#Sujet: Nous sommes riches aussi de nos misères [Freya :3]   Ven 18 Juil - 21:06


Nous sommes riches aussi de nos misères
D

epuis ses retrouvailles avec Ena, quelque chose avait changé, chez Manon. Elle ne se sentait plus du tout la même, du moins plus du tout comme celle qui, tout juste revenue de son accident, errait sans mémoire et sans la moindre idée de qui elle pouvait bien être. Il y avait trois Manon : la druide sans pitié, réfractaire aux Pendragon et prête à tout pour leur nuire, la demoiselle égarée qui savait à peine encore comment elle se prénommait, et la jeune femme déterminée et volontaire qui, à force de se chercher, s'était trouvée sous une forme qu'elle ne s'était pourtant jamais connue. La dernière avait effacé les deux autres. Parce qu'Ena était là, parce qu'elle la guidait, et parce qu'en sa présence, tout devenait d'un seul coup plus simple et plus limpide. Et si ses anciens penchants la menaient à basculer lentement jusqu'à son premier "moi", son affection pour sa reine, cette reine qu'elle trahissait pourtant, achevait de consolider son troisième "elle". Et il lui plaisait. Ce n'était pas toujours simple, c'est certain. Si chacune de ses entrevues avec la belle dragonnière parvenaient à rapidement lui faire oublier ses états d'âme, sitôt seule ou en présence de Guenièvre, la culpabilité ne manquait pas de faire son petit bonhomme de chemin. Ajoutez à cela la crainte qu'elle éprouvait désormais à voir l'un de ces chasseurs fondre sur elle, elle qui n'utilisait plus sa magie que de façon parfaitement instinctive, sans vraiment savoir ce qu'elle faisait... Pour l'heure, il n'était pas temps de s'inquiéter de tout cela, néanmoins. Pour l'heure, il était bien plus important de se satisfaire de ce que la vie daignait lui offrir, et de satisfaire sa reine, qu'elle allait certes priver de son premier enfant, mais qu'elle prenait malgré tout toujours autant de soin à satisfaire et à servir, ne se lassant pas de ce rôle qui pouvait pourtant sembler bien peu flatteur, et s'y appliquant avec grand soin.

C'était à la demande de Guenièvre, qu'elle cheminait à présent jusqu'aux appartements des invités, un plateau couvert de victuailles à la main. Elle ne savait pas vraiment qui elle devait rencontrer dans cette chambre à laquelle elle toquait à présent afin de signaler sa présence. On ne lui avait fait qu'un résumé concis de la situation, lui apprenant que cette jeune femme (puisqu'elle en était une) avait vécu quelque chose de difficile, était encore instable psychologiquement, et devait être traitée avec le plus grand des égards. Ça ne poserait pas de soucis à Manon. Elle n'était pas une grande adepte des ronds de jambe, mais l'expérience lui avait appris à en faire sans ciller. Et puis l'instabilité psychologique, pour sûr, elle connaissait. Après avoir toqué à la porte, donc, et entra à l'intérieur, posant instinctivement le plateau sur la table la plus proche tout en prenant la parole.

-Madame la reine m'a demandé de vous porter ceci.
Elle posa ensuite son regard sur celle dont on lui avait demandé de prendre soin, et elle éprouva comme un vertige, l'une de ces sensations de déjà-vu qu'elle était incapable de prendre à la légère.




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Message#Sujet: Re: Nous sommes riches aussi de nos misères [Freya :3]   Dim 27 Juil - 15:53

Nous sommes riches aussi de nos misères

Il existait des jours comme ça où tout s’enchaînait sans que rien ne prenne réellement sens. Freya avait l'impression d'avoir été sortie du lac d'Avalon seulement quelques minutes auparavant tant son corps et tout ce qu'il y avait autour lui apparaissait plus flou que jamais. Pour autant, les douleurs à la limite de l'insoutenable qui avaient parcouru son intérieur lui donnaient également l'impression du contraire. Les secondes lui avaient semblé être des heures de souffrances, dans l'instant tout du moins. Son esprit, lui, avait eu tellement de mal à se mettre en route et à assimiler tout ce qui était en train de se passer qu'elle doutait encore un peu de la réalité de tout cela. Tout avait été si soudain, sans aucune préparation psychologique, et encore moins physique. Ça avait été comme une deuxième naissance, à l'exception près que la violence de l'instant resterait gravée en elle à jamais. Pour l'heure cependant, le choc avait été si brutal qu'elle ne se souvenait plus vraiment qui elle était et pourquoi elle était là, allongée dans un somptueux lit. Elle qui, lui semblait-il, n'avait jamais connu un tel confort. De vagues souvenirs l'envahissaient de temps à autre, tel un cheval s'arrêtant non loin d'elle ou encore la voix d'un homme qui, sans doute, était celui qui l'avait sortie de la forêt. Elle avait très certainement perdue connaissance sur le trajet ou, si ce n'était pas le cas, son cerveau avait été trop faible pour photographier le chemin et ce qui avait pu s'y passer ou s'y dire.

Toujours est-il qu'elle se trouvait en cet instant installée dans une pièce lumineuse où les meubles lui apparaissaient plus lumineux les uns que les autres. Avait-elle seulement déjà dormi sur un matelas ? Elle en doutait, mais, pour l'heure, elle ne pouvait pas réellement faire confiance à son esprit. Ses paupières peinaient à se soulever et, après une bataille de quelques secondes qui, pourtant, lui parut durer si longtemps, elle les laissa retomber sur ses yeux, retrouvant ainsi la pénombre qui habitait actuellement son corps tout entier. Elle se sentait vide et pourtant si lourde. Son cerveau semblait trouver un malin plaisir à tambouriner contre la paroi de son crâne et ses muscles, auxquels elle avait fait violence en les réveillant tous d'un seul et même coup, étaient tendus à leur maximum, la position allongée n'y changeant rien. Depuis combien de temps se trouvait-elle là d'ailleurs ? Cette simple question suffit à lui donner un vertige. Sans cet homme qui était apparu au moment opportun, elle serait sans doute morte d'épuisement et de douleur au pied de l'arbre où il l'avait trouvée. Alors qu'elle sentait les vapeurs du sommeil l'envahir, elle entendit ce qui lui sembla être des coups de marteau et qui, pourtant, n'était qu'une simple main toquant contre la porte de sa chambre. Elle était incapable de prononcer le moindre mot, ses oreilles brûlant d'un violent acouphène. Fort heureusement, la personne, qui s’avéra être une femme au son de sa voix, entra d'elle même. Par politesse, la jeune druide se devait d'ouvrir les paupières, ce qu'elle fit non sans difficulté. Pour autant, sa vision restait encore très trouble et elle n’apercevait pour le moment que la forme de son interlocutrice.

- Merci, prononça t-elle d'une voix faible mais roque, sans savoir ce que la femme venait de lui apporter. Elle toussota légèrement avant d'ajouter : Dites..., où sommes-nous... exactement ?

Freya avait bien une petite idée de l'endroit où elle se trouvait, mais elle avait besoin d'en être sure, ne serait-ce que pour avoir ce simple élément de clair dans son esprit. Mais lorsque sa vue se décida enfin à s'éclaircir, le visage de la servante acheva d'embrouiller ce dernier. Elle l'avait déjà vu, voilà une chose dont elle était certaine, mais où, quand et comment ? Tout cela était un nouveau mystère qu'elle devait ajouter au bordel monstrueux de son cerveau.

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Message#Sujet: Re: Nous sommes riches aussi de nos misères [Freya :3]   Ven 1 Aoû - 0:34


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L

a fraction de seconde que dura le premier contact visuel avec son interlocutrice, Manon ne put être qu'intimement convaincue que cette entrevue n'était pas anodine. Parce que ce visage, il était évident qu'elle le connaissait, il lui faisait éprouver cette même impression de familiarité qu'elle avait déjà eu en rencontrant Ena. Comme si, d'une manière ou d'une autre, cette personne avait eu une importance singulière dans sa vie. L'ennui ? C'était qu'elle n'aurait en aucun cas su dire laquelle, et qu'aucun indice ne devait l'aider à y voir plus clair. D'autant moins d'indices que, dans l'état actuel des choses, il n'était véritablement pas dit que son interlocutrice soit à même de se souvenir de ce qu'il en était, était donné qu'elle ne lui semblait vraiment pas en très bonne forme, à en juger par ses traits tirés, la pâleur de son visage ou encore la voix rauque avec laquelle elle prit la parole. On ne lui avait pas menti en l'avertissant du piteux état dans lequel elle était susceptible de retrouver Freya. Quoi que cette femme ait pu vivre, ça avait de toute évidence été loin d'être une partie de plaisir. Sans même lui demander si elle en désirait, la servante s'empressa de remplir un verre d'eau, qu'elle tendit immédiatement à son interlocutrice avant que de répondre à sa question. Quelque chose lui faisait dire qu'elle apprécierait ce présent, si modeste soit-il, aux vues de son état.

-Nous sommes dans l'un des appartements réservés aux invités des souverains de Camelot, dans leur château.

Elle ignorait quelle bribe d'informations avait pu potentiellement être communiquée à son interlocutrice, tout comme elle ne savait rien de ce qu'elle avait pu endurer. Elle faisait donc au mieux pour se montrer aussi précise que possible. En une telle circonstance, elle aurait clairement apprécié que quelqu'un lui fournisse les informations nécessaires à une meilleure compréhension du contexte. Elle ne se souvenait que trop bien de son réveil brutal en pleine forêt après "l'incident",  elle n'avait jamais réussi à obtenir que de minces informations qui faisaient que, à ce jour, elle n'avait pas d'idées véritablement précises de qui elle était.
Manon laissa planer un moment de silence. On lui avait demandé de veiller sur Freya elle se devait donc demeurer auprès d'elle jusqu'à ce qu'on l'appelle ailleurs. Que faire alors ? La décence voulait peut-être qu'elle veille en silence, mais sa curiosité, elle, la poussait à poser plus d'une question déjà. Deux questions, plus spécifiquement, toutes deux très indiscrètes. Nous sommes nous déjà rencontrées ? Que vous est-il arrivé ? Ce fut la seconde qui franchit le seuil de ses lèvres.

-Sans vouloir vous sembler indiscrète, madame, que vous est-il arrivé ?


Les questions que l'on qualifiait d'indiscrètes avant même qu'elles soient posées étaient souvent les pires, et Manon ne l'ignorait pas. Mais quitte à passer du temps avec son interlocutrice, pouvait-on sincèrement lui en vouloir que de vouloir en savoir plus ? Oui. Mais elle pouvait bien tenter le coup, après tout. Elle saurait toujours se rattraper si elle se découvrait avoir de trop loin franchi certaines limites.




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Message#Sujet: Re: Nous sommes riches aussi de nos misères [Freya :3]   Ven 22 Aoû - 0:37

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A présent qu'elle semblait avoir retrouvé la vue, Freya devait se battre contre un mal de crâne vertigineux qui, dans de toutes autres circonstances, ne l'aurait pas excessivement gênée. Elle détestait être aussi faible mais toute la volonté du monde n'aurait très clairement pas été suffisante à la faire aller mieux, là, tout de suite. Si seulement le choc qu'elle avait subi était la seule et unique source de tous les maux qui parcouraient son être. Mais non, son cerveau avait lui aussi décidé de se mettre dans la partie et de marteler son crâne à coup de multiples questions. Des pourquoi, des comment et des où. Tellement... Et sans qu'aucune pause ne lui soit accordée. Mais voilà qu'au « qui » de sa propre existence s'ajoutait celui de celle de la demoiselle dont le visage venait d’apparaître dans son champ de vision. Si en plus les gens qui venait à sa rencontre dans ce lieu inconnu amplifiait l'incompréhension actuelle de sa vie, elle doutait de parvenir à se sortir de cette dérangeante amnésie un jour.

Des brides de souvenirs, voilà tout ce dont elle pouvait se targuer de posséder, rien de plus. Et encore, la moitié d'entre elles étaient floues et elle commençait sérieusement à douter de la dose de vérité qui s'y trouvait réellement. Ce chevalier, lui, devait bien être réel, non ? Sinon, comment pourrait-elle se trouver sur ce confortable matelas, au beau milieu de cette somptueuse chambre ? Mais le reste ? Avait-elle seulement réellement été prisonnière de ce lac magique toutes ces années ? Cette monstrueuse bête qui lui apparaissait dans des flashs terrifiants, n'était-elle pas le fruit de ses délires fiévreux ? Elle ne savait pas, elle ne savait plus, et plus elle se posait de question plus elle avait l'impression de s'éloigner des réponses. C'était atrocement frustrant et douloureux.

De la douleur, elle en ressentit également davantage dans son corps lorsqu'elle se redressa légèrement pour boire un peu de l'eau que la jeune femme venait de lui tendre. Le liquide lui fit un bien fou. Elle n'avait pas eu conscience jusqu'à cet instant d'à quel point sa gorge était desséchée. Elle murmura un « merci » reconnaissant d'une voix déjà bien plus claire que celle qui avait habité ses premiers mots. A en juger par l'attention qu'elle lui portait, la demoiselle devait être l'une des servantes des lieux et, quand bien même elle était elle aussi devenu une énigme, il y avait certains autres points qu'elle était apparemment à même d'éclaircir. La réponse qu'elle apporta à sa question était la première pierre de l'édifice que Freya devait reconstruire et de nombreuses fondations venaient de refaire surface grâce à elle. Les yeux de jeune druide s'illuminèrent légèrement tandis qu'elle portait une nouvelle fois le verre à ses lèvres.

- Nous sommes donc bien dans le royaume de Camelot, je ne suis pas complètement folle, s'exclama t-elle d'une voix aussi excitée que son état le permettait. Puis, consciente que ses paroles ne devaient pas avoir beaucoup de sens pour son interlocutrice : Excusez-moi, c'est que ma mémoire me joue des tours depuis mon réveil.

Toute l'excitation qu'elle venait de ressentir s'était envolée à ces mots. Le penser était une chose, mais le dire à voix haute rendait les choses tellement plus concrètes. Elle s'était sans doute emportée trop vite. Avoir le souvenir du bon royaume ne voulait pas dire que ce qui lui semblait s'être passé en son sein était également réel. Mais de nouvelles images faisaient surface dans son esprit à présent. Des visages surtout. Et certains d'entre eux n'avaient vraiment pas l'air aimables... Et voilà que la bête pointait une nouvelle fois le bout de son nez. Freya fut prise d'un léger sursaut, les yeux légèrement écarquillés par la peur. Peur de ce qu'elle voyait, certes, mais surtout peur de ce qu'elle pourrait apprendre sur sa vie si toutes ces images s'avéraient véridiques. Elle sursauta une nouvelle fois au son de la voix de la jeune femme. Plongée dans ses pensées, elle en avait presque oublié sa présence.

- Très bonne question, répondit-elle dans un sourire qui ressembla davantage à un rictus. Elle se racla la gorge avant de continuer. Il me semble m'être évanoui dans la forêt. Elle baissa la tête, comme pour mieux réfléchir, et ses mots ne furent plus qu'un murmure. Je me souviens d'un chevalier... Peut-être... Elle releva les yeux vers son interlocutrice, reprenant une voix claire. Peut-être savez-vous qui m'a ramené ici ? Cette personne en sait peut-être plus que moi. Oh bien sur, elle brûlait d'envie de lui demander qui elle était, mais que ferait-elle d'une telle information alors qu'elle ne savait pas même qui elle était elle même.

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Message#Sujet: Re: Nous sommes riches aussi de nos misères [Freya :3]   Sam 23 Aoû - 18:10


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A

u-delà de cette seule sensation de familiarité qu'elle avait éprouvé dès que son regard avait croisé celui de son interlocutrice, il y avait autre chose qui, très clairement, chez cette dernière, intriguait la servante. Plusieurs secondes durant, elle ne su déterminer de quoi il était question, et se contenta donc de penser être perturbée par cette impression trop grande d'avoir déjà rencontrée cette personne (et ce genre d'impression avait tendance à se confirmer, elle avait fini par s'en rendre compte à force de retrouver progressivement les personnes qui avaient compté ou avaient été de passage dans sa vie), mais tout sembla s'éclairer quand, après s'être enthousiasmée de se trouver au château de Camelot, Freya s'était excusée, accusant des troubles de la mémoire, des souvenirs qu'elle n'arrivait pas encore très bien à rassembler depuis son fameux réveil. Elle s'était évanouie dans la forêt. Et plus rien. Comment cette situation aurait-elle pu ne pas être familière aux yeux de Manon. Elle comprenait, à présent, ce qui l'avait tant taraudé chez son interlocutrice. C'est qu'il rayonnait autour d'elle la même aura que celle qui l'avait cerclait si longtemps après son "accident", et devait la cerner encore au moins un peu. Cette impression d'égarement, cette incapacité à se souvenir, cette frustration de ne plus rien savoir... C'est cela, en Freya, Manon n'avait jamais vu que le reflet d'elle-même, et elle concevait malaisément expérience plus troublante que celle-ci. Et voilà qu'elle se retrouvait dans la position de la personne questionnée, elle qui avait tant de fois été celle qui posait les questions, cherchant à rassembler les morceaux du puzzle. Sauf que de la jeune femme qu'elle avait en face d'elle, Manon ne savait rien. Elle ne pouvait pas l'aider. Elle ignorait tout de qui elle pouvait bien être, ou encore de qui était ce chevalier dont elle croyait se souvenir, et qui l'aurait apparemment conduit jusque là. Elle s'était contentée, ni plus ni moins, de respecter les consignes à la lettre, sans abuser d'une curiosité qui l'étreignait pourtant, d'autant plus à présent qu'elle se trouvait dans la même pièce que Freya. Dommage, elle aurait préféré être utile, comme elle aurait voulu qu'on le lui soit. Dans cette sorte de processus narcissique où Manon finissait par se reconnaître en Freya, elle éprouvait bien plus de générosité envers elle qu'elle n'en aurait accordé à la plupart.

-Je suis désolée, on ne m'a rien appris à votre sujet, j'ignore tout de ce chevalier.
Ou tout du moins, si elle en savait quelque chose, elle ne pouvait pas savoir que celui-ci avait secouru la jeune femme. À dire vrai, j'ignore jusqu'à votre nom.

Et cette réflexion n'était pas anodine, bien sûr, c'est que dans tout ça, Manon n'oubliait toujours pas sa certitude d'avoir déjà rencontré la jeune femme en face d'elle, et elle comptait bien en savoir plus, en en donnant le moins l'air possible, cela va évidemment de soi. Bien sûr, si elle en était au stade où elle ne savait plus même comment elle s'appelait (Manon l'avait bien traversé, ce stade), ce serait plus délicat. Une amnésique cherchant à y voir plus clair dans son passé en s'adressant elle-même à une amnésique ? Ça a tout du cercle vicieux, oui.





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Message#Sujet: Re: Nous sommes riches aussi de nos misères [Freya :3]   Mer 3 Sep - 13:13

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Toute cette douleur, Freya ne pouvait pas s'en rendre compte pour le moment, mais elle en aurait davantage souffert encore si son passé ne lui avait pas réservé de bien tristes et perturbantes surprises. Chaque nuit où le bastet prenait le dessus sur l'humain meurtrissait un peu plus son corps de l'intérieur. La jeune druide n'était très clairement pas pour autant immunisée contre la douleur – en attestait le moment présent – mais cette malheureuse malédiction, dont elle ne gardait pour le moment que le souvenir flou de la bête, lui avait sans nul doute permit de survivre à sa nouvelle mise au monde. Il n'y avait rien de naturel dans une quelconque résurrection et, sans la force accumulée pour survivre au bastet, son cœur aurait tout simplement lâché à peine après avoir été remis en route. La Morgane qui se cachait dans le corps de la douce demoiselle qui l'avait libérée après de multiples efforts en était-elle consciente ? Que ce soit le cas ou non, elle découvrirait bien assez vite qu'elle avait mis au monde un soldat bien solide. La liberté de Freya n'était qu'un leurre, mais ça, elle n'en avait pas la moindre idée, malheureusement.

Si la jeune druide trouvait la force de rester éveillée en cet instant c'est que, malgré les migraines qui martelaient son crâne et ses muscles qui semblaient vouloir transpercer sa peau, elle se sentait vivante, et c'était une sensation qui surpassait tout le reste. Il fallait bien avouer que la présence de la jeune servante à ses côtés était également un facteur. Elle était après tout son premier contact réel et concret depuis que le lac n'était plus son habitat – sans compter le chevalier qui l'avait secouru mais auquel elle avait très rapidement fait faux-bond en rejoignant le monde des limbes – et était donc susceptible de titiller sa mémoire endormie. Ce d'autant plus lorsque son visage lui apparaissait comme étrangement familier. La demoiselle pouvait être un clé, elle le sentait. Pour le moment, malheureusement, ce n'était pas très concluant. Mais Freya ne baissait pas les bras et était tout à fait prête à dépasser son mal de tête pour pouvoir en apprendre davantage sur elle même et, lorsque le moment serait venu, sur son interlocutrice également.

- Oh d'accord, répondit-elle d'une voix un peu plus claire à chaque mot. Ne vous excusez pas, je trouverais bien des réponses à mes questions à un moment ou à un autre. Elle sourit à la jeune servante avant de boire une nouvelle gorgée d'eau. Si mes souvenirs ne me jouent pas des tours là aussi, je me nomme Freya, mais c'est bien là la seule information sur moi-même que je puisse donner. Cette vérité était déroutante et elle espérait ardemment ne pas avancer à taton dans la pénombre trop longtemps. Fort heureusement, les effets de sa libération des eaux du lac ne durerait qu'un temps, mais ça, elle ne le savait pas encore. Elle but une nouvelle fois un peu d'eau, sentant que son corps acceptait avec joie cette boisson rafraîchissante. Et vous ? Comment vous appelez-vous ? Et, si ce n'est pas trop indiscret, quelle est exactement votre place au château ? Sur son visage se lisait un sourire timide. Quand bien même elle n'avait pas de réponse sur elle-même à lui apporter, faire la conversation avec cette jeune femme la maintenait éveillée et lui permettait de ne plus seulement être torturée par tous ces questionnements qui tournaient en boucle dans son cerveau. Autant ne se concentrer que sur l'un d'entre eux : qui était cette demoiselle et comment et d'où la connaissait-elle ?

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Message#Sujet: Re: Nous sommes riches aussi de nos misères [Freya :3]   Sam 6 Sep - 9:11


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M

anon se demandait s'il n'y avait pas une certaine déception dans ce "oh d'accord" que son interlocutrice venait de prononcer. Elle le comprendrait aisément, en fait, et c'était peut-être pour cela qu'elle voulait interpréter les choses ainsi, parce que si elle s'était trouvé à sa place, et parce qu'elle s'était plus ou moins retrouvée à sa place, il aurait pour elle était désappointant que de penser pouvoir obtenir des fragments de réponse, et finalement réaliser que l'on ne saurait rien, et que le mystère resterait entier. Au moins, elle restait positive, considérant que, à un moment ou à un autre, elle obtiendrai les informations qu'elle recherchait. C'était sans doute vrai. Manon était partie de rien, dénuée de mémoire, et les informations sur sa vie lui étaient arrivées par fragments, de la part d'interlocuteurs différents. Chaque rencontre plus ou moins fortuite lui avait donné l'opportunité de se reconstituer elle-même, ou en tous cas un ersatz d'elle-même. Et quelque chose en Manon poursuivait de lui souffler que sa rencontre avec Freya, puisque c'est ainsi que la jeune femme se présenta, ne serait pas le moins du monde anodine. Elle ne savait pas encore quel rôle son interlocutrice avait bien pu jouer dans sa vie, mais Manon était convaincue qu'elle en avait eu un. D'ailleurs, ce seul prénom avait ces accents de familiarité que la servante n'éprouvait que lorsqu'elle se retrouvait en présence de l'un des acteurs de son passé. Ça ne lui apprenait rien du rôle qu'elle avait pu y jouer, ou même de l'importance qu'elle avait pu avoir, mais c'était toujours mieux que rien. Freya y alla à nouveau de ses questions, Manon la laissa faire. La demoiselle était visiblement curieuse, et avait l'intention d'en apprendre plus sur elle, et comme cette intention était réciproque.... Elle laissait faire. Toutes les questions que son interlocutrice lui posait, ce serait autant de questions qu'elle pourrait lui retourner. Qui sait, au terme de cette conversation, Manon comprendrait mieux ce sentiment de familiarité, cette impression de déjà-vu.

-Je m'appelle Manon Deschênes. Je suis la servante de Madame la reine.
Cela ne coûtait rien de se montrer un peu honnête. Qui sait, son nom et son prénom réveillerait peut-être quelques-uns des souvenirs de Freya ? Quand deux amnésiques cherchaient à se découvrir elles-mêmes en s'apprenant l'une l'autre, voilà ce que cela donnait, et ce pouvait prendre du temps. C'est elle qui m'a demandé de prendre soin de vous. Si vous avez besoin de quoi que ce soit, je suis à votre disposition.

Se présenter comme une simple servante, dernièrement, lui demandait plus d'efforts que ça n'avait été le cas au tout début, quand elle prenait tout juste ses fonctions, à mesure que son identité s'affirmait, ou se réaffirmait, plutôt, elle reprenait conscience de ce que ce titre n'avait pas d'honorifique. Certes, elle avait toujours du respect, de l'affection, même, pour Guenièvre, mais elle commençait à se dire que le titre sous lequel elle était contrainte de se présenter était à mille lieux de ses ambitions réelles.




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Message#Sujet: Re: Nous sommes riches aussi de nos misères [Freya :3]   Jeu 11 Sep - 11:41

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Freya avait bien fait de se montrer curieuse et ne pas laisser son état de faiblesse actuel prendre le dessus. Voilà qu'un premier lien se faisait. La reine, oui, bien évidemment, elle se souvenait d'elle. Le lac d'avalon, son statut de souveraine des lieux, tout cela ne sortait pas de son imagination post-traumatique. Tout du moins, si son état ne lui jouait pas de magnifiques tours en lui inventant une mémoire fictive. Elle n'avait jamais réellement rencontré Guenièvre Pendragon, ça, elle en était certaine, mais elle lui était venue en aide un soir où elle s'était aventurée dans les bois alors que de nombreux bandits y rodaient eux aussi. Par quels moyens, elle ne s'en souvenait pas vraiment, mais si les nouveaux flashs qui s'imposaient actuellement dans son esprit étaient exacts, elle avait été capable de beaucoup de choses dans ces eaux aux nombreuses vertus. Cette découverte était bien agréable mais elle avait tout de même le goût amer de l'inachevée. Comment était-elle arrivée dans ce lac et pourquoi en était-elle devenue la déesse ? Elle n'en avait pas la moindre idée. Et il était encore bien inutile de se demander comment elle avait pu en sortir. Pour autant, une nouveau fil s'était tissé dans la toile bien maigre de ses souvenirs et, même si son interlocutrice ne pouvait réellement s'en rendre compte – du moins, c'est ce qu'elle croyait –, elle lui en était reconnaissante.

Ainsi donc, celle qui se prénommait apparemment Manon était au service de la reine elle-même. Une place bien prestigieuse en somme et, d'après ce qu'elle pouvait apercevoir dans ses flashs, elle ne doutait pas un seul instant de la bonté que Guenièvre devait lui apporter chaque jour. Cette bonté dont elle avait apparemment eu le droit également. Elle comprenait mieux à présent pourquoi elle se trouvait dans cette pièce si somptueuse malgré son absence totale de nom à Camelot. La reine se souvenait-elle également de cette nuit dans la forêt de brocéliande ? Avait-elle fait le rapprochement entre cette dame qui lui était venue en aide et cette pauvre fille que l'on avait ramené inconsciente au château ? A bien y réfléchir, c'était tout de même bien peu probable. Pour autant, Freya ne pouvait s’empêcher de croire, ne serait-ce qu'un peu, à cette éventualité.

- Je n'hésiterai pas, merci, répondit-elle dans un sourire. C'est tout de même étrange que la reine elle-même ait pris en charge mon rétablissement. A moins bien entendu qu'elle soit aussi pleine de bonté avec toute personne en état de faiblesse, ajouta t-elle dans un petit rire qui la fit légèrement tousser.

Il y avait une certaine pointe d'interrogation dans cette dernière phrase. Restait à savoir si son interlocutrice allait la relever. Quand à ce qui était de ce prénom qu'elle venait d'entendre, le chemin dans le bazar de son cerveau mis plus de temps à se faire et ce ne fut que lorsque la bête refit surface dans un flash effrayant et sanglant que de plausibles liens se firent dans son esprit. Elle fut prise d'un sursaut si violent qu'elle en fit tomber son verre encore à moitié rempli d'eau. Dans un geste presque désespéré, elle parvint à le rattraper avant qu'il ne glisse du lit et évita ainsi qu'il ne se brise en mille morceaux. Qu'est-ce que cette horrible bête avait à voir avec cette douce et aimable servante ? Avaient-elles été victime de cette créature toutes les deux ?

- J'aimerai vous poser une question qui va sans doute vous paraître étrange mais, avez-vous rencontrer une grande panthère noire ailée un jour ? Du genre très féroce... C'était osé, sans doute, mais peut-être sa toile de souvenir aurait de quoi se nourrir une nouvelle fois et, comme un bonus, elle parviendrait peut-être à resituer ce visage familier.

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Message#Sujet: Re: Nous sommes riches aussi de nos misères [Freya :3]   Sam 13 Sep - 10:14


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C'

est vrai qu'il pouvait sembler singulier que la reine de Camelot en personne prenne la peine de se soucier ainsi de la jeune femme, d'autant que la pauvre femme, outre ses nombreuses responsabilités, n'était pas en très bonne forme... des soucis de santé que l'on attribuait à sa grossesse, alors que la servante en était la plus grande responsable... sans en être complètement fière. Mais quand on connaissait un peu mieux Guenièvre Pendragon, l'on comprenait mieux que sa gentillesse et sa générosité ne connaissaient pas beaucoup de limites. Peut-être était-ce parce qu'elle n'avait pas toujours vécu au sein de la noblesse, et avait connu les difficultés communes au "bas peuple", ou tout simplement parce que cela faisait partie de sa nature, mais elle se souciait toujours des autres, et ceux supposés lui être inférieurs socialement, elle les traitait sur un pied d'égalité. Il était probable, tout simplement, que Guenièvre ait prit en pitié la jeune femme. Manon n'en savait rien, tout comme elle n'avait pas su ce qui avait bien pu arriver à Freya. Tout ce qu'elle savait, c'est que la reine lui avait demandé de veiller sur sa santé, de lui porter à boire et à manger, et de veiller à son prompt rétablissement. Et puisque, quand Manon n'empoisonnait pas sa reine, elle lui obéissait sans dédire, avec bien du respect, elle avait accompli son devoir... et se retrouvait à présent en compagnie de la druidesse, et réalisait avec de plus en plus de force que la personne à laquelle elle s'adressait n'avait pas dû être une inconnue pour elle.

-La bonté et la compassion sont en effet les qualités principales de notre reine.


Autant de qualités que Manon aurait qualifié de faiblesse majeure, à une époque, mais pour l'heure, il n'y avait pas d'ironie dans le ton de sa voix, aucune, non. Juste une sorte d'admiration parfaitement honnête à l'égard d'une reine qu'elle avait apprit à estimer, elle qui crachait, fut un temps, sur le nom des Pendragon. Comme quoi... Elle n'ajouta rien de plus, ce fut Freya qui se chargea de reprendre la parole. La question qu'elle lui posa lui sembla, effectivement, étrange. Cela faisait, sans qu'elle le sache, écho à l'épisode le plus douloureux de son existence, et pourtant, cette description ne lui faisait rien, au point de se demander si son interlocutrice n'était pas en pleine période hallucinatoire. Elle voulait répondre par la négative, mais son organisme réagissait d'une drôle de manière à l'évocation du monstre : les battements de son coeur s'étaient accélérés. Elle sentait une goutte de sueur froide longer sa colonne vertébrale. Et quand elle devait se visualiser la bête, il lui semblait se la dépeindre avec exactitude. Ce fut donc avec moins d'assurance qu'elle ne l'aurait voulu qu'elle répondit finalement à Freya.

-Pas que je sache, non... De... de quoi parlez-vous ?


De toute évidence, elle n'avait pas posé cette question à la légère et sans raison. Il y avait autre chose. Et quoi que ce puisse être, elle voulait en apprendre davantage. Et comprendre pourquoi l'évocation de cette sorte de panthère le mettait à ce point mal à l'aise, alors même qu'elle ne devrait considérer cela que comme une chimère absurde.




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Message#Sujet: Re: Nous sommes riches aussi de nos misères [Freya :3]   Mer 17 Sep - 22:52

Nous sommes riches aussi de nos misères

L'interlocutrice de Freya avait une place de choix au sein du royaume de Camelot. Servir personnellement et à temps plein la reine Guenièvre était non seulement un honneur lorsque l'on connaissait le merveilleux tempérament de la souveraine, mais cela revenait également à être sur un pied d'égalité avec Merlin, le serviteur, mais surtout un ami très fidèle, du roi lui-même. Se côtoyaient-ils d'ailleurs ces deux là ? Manon et Merlin... Si la jeune druide avait été capable en cet instant de se souvenir des quelques jours qui avaient précédé sa mort, elle aurait sans doute posé la question à son interlocutrice. Dans cette perspective, elle n'aurait pas été surprise que ce soit le cas et n'aurait pas pu en tenir rigueur au jeune sorcier. Après tout, encore vivante dans le lac ou non, elle restait morte pour les vivants et rien n'avait pu laisser présager que cette situation n'était pas définitive. Comment demander à quelqu'un d'attendre une chose qui n'avait sensément aucune chance de revenir, ou ne serait-ce que de lui rester fidèle malgré son absence ? Enfin, de toute manière, la question ne se posait pas pour le moment. Le souvenir clair de Merlin et de ce qu'elle avait pu vivre avec lui avait encore un bon bout de chemin à faire avant de rejoindre son esprit, et ce dernier avait déjà bien assez à faire avec les quelques informations que lui donnait son interlocutrice actuelle, la majeure partie du temps sans s'en rendre compte.

Cependant, Manon n'était apparemment et malheureusement pas en mesure de lui apprendre davantage sur le choix de la reine de la placer dans les appartements des invités royaux. Elle était bel et bien la servante de Guenièvre, mais ne semblait pas pour autant posséder le statut de confidente. L'éclat d'impatience face à une possible connaissance nouvelle sur elle même s'extirpa légèrement de son visage. Peut-être cherchait-elle trop à tirer des conclusions hâtives et qu'elle se trouvait actuellement dans cette pièce uniquement parce que son état à son retour dans l'enceinte de la citée l'avait exigé. Chercher si ardemment à créer des liens n'était pas une bonne chose, quand bien même retrouver la mémoire la démangeait, mieux valait laisser les connexions se faire d'elles-même. Comme pour valider cette façon de penser, l'image de la bête s'imposa une nouvelle fois à elle, avec suffisamment de violence pour que son verre lui échappe des mains. Elle ignorait pourquoi ce flash refaisait surface en cet instant précis et elle doutait de plus en plus de l'exactitude des choses qui naissaient dans son esprit. Pour autant, elle ne pouvait pas s'en empêcher, il fallait qu'elle comprenne. Si Manon faisait naître cette image avec tant de puissance, il devait bien y avoir un lien quelque part. Ou bien peut-être était-elle en train de devenir complètement folle... Oui, ce devait être ça. Elle ne lisait pas d'hésitation dans la réponse de la servante, de la gêne uniquement. Freya commençait à avoir honte d'elle même, de son état pitayable et de son cerveau incapable de fonctionner correctement. Elle baissa les yeux. Tout en elle n'était plus que confusion.

- Non, de... de rien, répondit-elle finalement. C'est juste que ma tête est remplie de flashs sans réponses et la plupart du temps incompréhensibles. Ça n'a sans doute pas d'importance, excusez moi. Tout en disant ces mots, elle s'était enfoncée dans la couette, comme cherchant à disparaître.

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Message#Sujet: Re: Nous sommes riches aussi de nos misères [Freya :3]   Dim 21 Sep - 11:44


Nous sommes riches aussi de nos misères
P

lus la conversation avançait, plus Manon se sentait troublée, troublée parce qu'elle se reconnaissait des points communs de plus en plus manifestes avec cette femme, là, en face d'elle. Des flashs, des images furtives qui lui assaillaient l'esprit, Manon en avait régulièrement. Souvent, ce n'était que des images vraiment brèves, beaucoup trop pour qu'elle puisse les interpréter de quelques manières que ce soit. Parfois, même, ce n'était pas des flashs visuels, mais une odeur, qui remontait à la surface, où une mélodie... C'était comme avoir entre les mains la pièce indistincte d'un puzzle, un puzzle impossible à assembler, comme si le destin s'amusait à ne jamais lui donner que des pièces trop éloignées les unes des autres. Apparemment, Freya expérimentait exactement la même chose. Manon ne savait pas trop si cela devait l'inviter à se sentir proche de cette femme, ou au contraire, à s'en défier. C'était que cette sorte d'alter ego continuait de lui inspirer une sorte d'inexplicable réticence, toute agréable pouvait-elle être. Manon savait que l'on pouvait bien trop aisément disposer et user de ses troubles mémoriels pour ne pas se méfier un tant soit peu. Et si tout ça n'était qu'une vaste comédie ? En attendant, cette femme, elle était sûre de l'avoir déjà rencontrée un jour, et cela accentuait sa défiance... Dans un même temps, la pauvre vivait peut-être seulement la même situation terrible qu'elle expérimentait également, et dans ce cas, il serait cruel de sa part, qui savait ce que c'était, de ne pas la soutenir, non ? D'accord, elle était d'un naturel cruel, quoi qu'il en soit. Mais tout de même. On compatissait toujours plus aisément à un mal similaire au sien.

-Au contraire, ça a sûrement de l'importance.
dit-elle avec un peu de froideur, parce qu'elle ignorait toujours sur quel pied il convenait de danser, et quel discours il convenait d'adopter. Ces flashs... ne sont jamais anodins, ils signifient toujours quelque chose. Et évidemment, elle parlait d'expérience. Elle n'avait pas toujours su interpréter ces images furtives qui lui traversaient la pensée, mais chaque fois qu'elle y était parvenue, c'était pour réaliser que les informations collectées étaient tout sauf anodines. Elle était convaincue que chacune d'elles avaient de l'importance. Y compris cette grande panthère noire ailée, qu'il s'agisse de la représentation symbolique de quelque chose ou, plus alarmant, une créature qui avait croisé son chemin... et qui sait, l'avait peut-être mis dans cet état. Cette créature, pensez-vous que c'est elle qui vous a fait cela ?

Ce pouvait être une explication, non ? Une explication alarmante, mais explication tout de même. Enfin, c'était ce qu'elle pensait. Et si cette association d'udée se faisait à son esprit, c'était certainement parce que, pour avoir, elle, souffert de l'attaque de la créature, elle transposait les faits sur son interlocutrice. La vérité était ailleurs. Mais si les pièces du puzzle s'accumulaient, encore fallait-il réaliser qu'elles en étaient. Encore fallait-il savoir correctement les assembler.





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Message#Sujet: Re: Nous sommes riches aussi de nos misères [Freya :3]   Dim 28 Sep - 12:15

Nous sommes riches aussi de nos misères

De la frustration. C'était à peu de choses près le sentiment qui emplissait tout l'être de Freya actuellement. Les portes, qui s'étaient ouvertes si rapidement sur des promesses de souvenirs retrouvés, se refermaient l'une après l'autre sans qu'elle ne puisse rien y faire. En vérité, les fausses joies des dernières minutes ne faisaient qu'accentuer son état de fatigue et de faiblesse actuel, ainsi que la confusion totale qui régnait dans son esprit depuis son réveil. Il était encore bien trop tôt pour de tels rebondissements émotionnels, sans aucun doute. Pour autant, ce sentiment de ne plus se connaître soi-même dépassait tout le reste, qu'il se manifeste dans de multiples questionnements ou par la profonde déception qui l'habitait actuellement. La jeune druide était passée de l'un à l'autre aussi vite que l'on franchit le pas d'une porte pour changer de pièce et l'espoir de pouvoir mettre un peu de lumière dans la pénombre de son esprit s'était envolé. L'étincelle dans ses yeux était morte. Manon, cette jeune servante qui lui avait semblé pouvoir être une clé – de par son visage si familier dans un premier lieu – n'avait finalement était qu'une fenêtre ouverte vers des spéculations inutiles et sans aucun sens. Tout du moins, c'est ce qu'elle croyait pour le moment.

Cette bête qui l'effrayait un peu plus chaque fois qu'elle faisait surface dans son esprit n'était-elle qu'une pure imagination causée par la fièvre ? C'était sans doute l'explication la plus plausible tant le monstre semblait tout droit sorti des enfers. Mais alors pourquoi l'image se faisait-elle chaque fois un peu plus nette et, surtout, pourquoi était-elle apparue lorsqu'elle avait commencé à se questionner sur le nom de son interlocutrice. Etait-il seulement possible qu'un cerveau si embrumé et malade puisse délirer à ce point ? Face à la réaction de la jeune servante, elle ne savait réellement plus quoi penser. Quand bien même la bête ne disait rien à cette dernière, elle pensait tout de même qu'elle devait être importante. Pourquoi ne la prenait-elle pas tout simplement pour une folle ? Si la panthère n'appartenait pas aux souvenirs de la demoiselle, alors elle n'était sûrement pas réelle, c'était la seule explication plausible, puisque son esprit n'arrivait pas à dissocier les deux êtres. Servante et bête appartenait à une même entité dans son cerveau. C'était du pure délire et elle commençait sérieusement à avoir mal au crâne.

- Non, je ne crois pas, je ne la vois jamais réellement de face, elle ne me menace pas... Tout ça ne doit sans doute provenir que de mon imagination, avec cette fièvre... Je suis désolée de vous avoir importunée avec ça, il faudrait sans doute mieux que je me repose... Alors qu'elle s'était déjà bien enfoncée sous la couette, elle acheva de se mettre en position allongée et cala son tête dans l'oreiller. Cette conversation m'a épuisé, je dois bien l'avouer. Elle sourit de nouveau, par pure politesse cette fois. En soit, la compagnie de Manon était agréable, mais dans les circonstances actuelles, elle ne faisait que renforcer les nœuds dans son cerveau et c'était éreintant. Leur prochaine rencontre, elle ne s'en doutait pas encore, risquait de remplacer les nœuds par de sombres et honteux souvenirs. Pour l'heure, elle n'aspirait plus qu'à fermer les yeux et à tenter de dormir un peu.



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Message#Sujet: Re: Nous sommes riches aussi de nos misères [Freya :3]   Jeu 2 Oct - 15:03


Nous sommes riches aussi de nos misères
C

es derniers temps, cela lui arrivait beaucoup, de se retrouver face à un tel amas d'informations que celles-ci semblaient tout simplement impossibles à démêler. C'est que si la mémoire ne revenait pas, et semblait ne jamais devoir revenir, les indices, les éléments de réponse et autres eux, en attendant, se bousculaient sans discontinuer. Et elle empilait progressivement tous ces fragments de passé qui devaient lui permettre, qui sait, de se reconstituer au moins un peu, de se rappeler à son moi d'autrefois... Mais il n'étaient jamais que des grains de sable dans un désert immense, et il lui en fallait plus, bien plus pour tout savoir et tout comprendre. En attendant, elle entassait, entassait, entassait... et le chaos se faisait dans son pauvre esprit fragile. Il lui manquait cette clé fragile qui lui permettrait de tout comprendre, et en attendant, elle prenait tout. Elle se nourrissait d'informations jusqu'à l'excès, dans l'espoir que le tout mélangé forme quelque chose de compréhensible et d'accessible, mais c'était tout l'inverse, ce méli-mélo désordonné rendait le tout plus complexe encore. À force de tout retenir, elle avait par ailleurs conscience qu'elle s'embarrassait certainement d'informations qui n'avaient pas lieu d'être ou qui n'appartenaient en rien à son passé. Qui dit qu'elle avait véritablement besoin de conserver la moindre information ? Certaines semblaient si vaines et dénuées de sens. Tenez, si elle avait le sentiment que cette fameuse panthère noire servait à quelque chose, que c'était quelque chose qu'il fallait qu'elle retienne, n'était-ce pas au final pure fantaisie, et ne s'embarrassait-elle pas de quelque chose d'inutile, de fait, qui brouillait l'ensemble au lieu de le rendre plus clair ? À force de ne rien vouloir laisser au hasard, de ne rien vouloir négliger, elle s'éloignait peut-être de la vérité plutôt que de s'en approcher.

Manon aurait bien continué cette conversation, quelque chose lui disait, définitivement, que Freya avait eu un rôle ou devait en avoir un dans son existence, une impression tenace qui ne voulait pas la lâcher et qui, elle en était intimement convaincue, ne venait pas de rien. Mais la pauvre n'avait pas été ménagée et semblait effectivement épuisée. Manon n'obtiendrait rien d'une femme à bout de force, autant la laisser se reposer, et attendre pour revenir à l'attaque.

-Je vais vous laisser vous reposer.
dit-elle doucement. Si vous avez besoin de quoi que ce soit, n'hésitez pas à me faire appeler.

Ces mots prononcés, elle mit ses propos en action et quitta bel et bien la pièce pour laisser à Freya plus d'intimité et la possibilité de prendre un repos bien mérité. Ce qui est certain, c'est qu'elle n'attendrait pas bien longtemps avant de revenir lui parler. Il y avait quelque chose chez Freya qu'il fallait qu'elle décrypte et dont il fallait qu'elle se serve, pour son propre salut. Restait à savoir ce dont il pouvait bien s'agir.




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